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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 21:52

Trois en un? Entre le mélodrame formidable Forbidden et le baroque et sublime The bitter tea of General Yen, Capra s'essaie en effet à un style qui combine tout ce qu'il sait faire, et qui pour la première fois délivre un message politico-économique certes naïf et idéaliste en diable, mais dont la générosité fait mouche. et pour ce faire, il choisit non pas un, mais deux héros, deux braves types: Tom Dickson (Walter Huston) est le directeur d'une banque, un homme qui préfère faire son métier en rendant service aux gens car il pense que la banque se nourrit de la bonne santé financière des gens qu'elle aide. De la même façon, il traite ses salariés avec humanité, et refuse les affaires sur lesquelles il peut s'enrichir, mais qui lui donneront mauvaise conscience... Comment s'étonner que, bien q'il aime tendrement sa femme (Kay Johnson), celle-ci ne se sente délaissée par son mari qui sacrifie tout à sa banque? De son côté, Matt Brown est un employé modèle. Il sait qu'il doit tout à son patron, pour lequel il a plus que du respect. Il attend sagement une promotion, mais il aime de toute façon son métier, lui qui fait encore partie des petites mains. Il attend aussi le bon moment pour se marier avec Helen (Constance Cummings), la secrétaire de Dickson. Ils pensent avoir été discrets dans leur idylle, mais tout le monde est au courant à commencer bien sur par ce brave M. Dickson...

 

Dans ce contexte propice à la comédie, Riskin et Capra se lancent dans trois intrigues dramatiques différentes, qui vont se télescoper dans une crise comme on en a rarement vues...

1:

La banque est certes en bonne santé mais le conseil d'administration, formé de Dickson et de messieurs nettement moins sympathiques que lui, souhaite faire évoluer la banque vers le gros business en poussant vers une fusion qui mettrait en danger le type de pratiques de bon voisinage souhaitées par Dickson. A la faveur d'un problème dans la vie de celui-ci, les affreux banquiers tentent de pousser leur avantage...

2: 

Cluett (gavin Gordon), un employé, fringant jeune homme un peu séducteur et un peu dandy sur les bords, a tellement brûlé la chandelle par les deux bouts que la pègre le tient. Il accepte de leur donner accès aux coffres, mais lorsque le cambriolage tourne mal, un veilleur de nuit est abattu...

3:

Matt a surpris Mrs Dickson dans les bras de Cluett, et ça le mine. Doit-il intervenir, et leur rappeler que son patron est la crème des hommes, ou se mêler de ce qui le regarde, au risque d'avoir le sentiment de trahir son patron?

Les trois intrigues, en un peu plus de 75 minutes, vont multiplier les passerelles entre elles, depuis l'adultère potentiel qui sera déjoué par Matt, mais qui résultera sur son impossibilité d'avoir un alibi, car bien sur c'est lui qui sera soupçonné d'avoir ouvert le coffre pour les bandits. Et après le casse, les clients vot tous se précipiter les uns à la suite des autres pour retirer leur argent, mettant sérieusement en danger la position de Dickson, et l'avenir de ses "petits" clients.

Voilà, on y est: Capra nous parle des petits, des sans-grade, de ceux qui économisent sou après sou en ne demandant pas grand chose à personne, mais qui sauront se mobiliser pour leur bienfaiteur. La formule reviendra, et déjà le metteur en scène est galvanisé par ce défi qu'il s'est fixé. I réussit un film-synthèse dense et énergique, servi par une interprétation en tous points excellente. Entre deux chefs d'oeuvre, cette comédie dynamique est une nouvelle preuve de la santé merveilleuse des films de celui qui reste l'un des plus importants cinéastes populaires de tous les temps. Voilà.

Published by François Massarelli - dans Frank Capra Comédie Cinéma Américain Pre-code
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 14:25

Le Nord de la France, décembre 1944: lors d'un hiver particulièrement rigoureux, une division de G.I. qui s'apprêtait à rejoindre l'arrière pour prendre du bon temps à Paris est envoyée pour une mission secrète sur la petite ville de Bastogne... Une fois arrivés, les soldats découvrent que la mission n'a rien de secrète, que les Allemands sont parfaitement au courant, et qu'ils sont totalement déterminés à garder la ville, un endroit stratégique pour pouvoir espérer inverser la donne contre les alliés. dans les bois des alentours, à partir de la nuit, la neige, le brouillard et les SS déguisés en soldats Américains vont mener la vie dure à une troupe d'infanterie qui ne connaîtra jamais le repos...

L'héroïsme, façon Wellman: cinq années après les faits, le metteur en scène donne de la bataille de Bastogne une vision particulièrement décalée. Ses soldats sont des rustres, des hommes qui n'en peuvent plus, ne sont pas toujours, du moins en apparence, très sympathiques les uns avec les autres (une jeune recrue, dont ce sera le premier combat, se voit totalement ignoré e arrivant au campement...), préoccupés par tout ce qui pourrait leur permettre de penser à autre chose que la réalité brutale du conflit qui les occupe. Mais ce sont bien sur des coeurs d'or, des hommes à la bravoure d'autant plus palpable qu'il savent devoir survivre, et des héros dans la mesure où chacun de leurs gestes va dans le bon sens: libérer l'Europe. seulement, personne dans le film n'aura l'impudeur de le dire.

Le metteur en scène, on le sait, et il l'a si souvent prouvé (Wings!!!) n'aime pas la guerre, même s'il a souvent fait état de ses souvenirs de vétéran, et s'il n'a jamais caché son plaisir de pouvoir expliquer "sa" guerre. de montrer ce qu'il a lui touché du doigt, la rudesse des combats, les moments où tout bascule, la perte des copains, mais aussi la camaraderie, seule façon de s'en sortir. Et ses soldats, pouilleux, sales et râleurs, ont beau être étudiés par Dore Schary et les autres pontes de la MGM comme on crée un produit de marketing, le metteur en scène a su garder une véracité touchante à ses acteurs: Van Johnson en boute-en-train qui doit valer frustration après frustration, John Hodiak en intellectuel qui ronge son frein, Ricardo Montalban en Angeleno d'origine Hispanique qui s'émerveille d'avoir pu jouer pour la première fois dans la neige, etc... Et il fait semblant, comme d'habitude, de tourner sans s'en soucier, mais le vétéran iconoclaste qu'est Wellman ne peut pas ne pas signer le film à sa façon: il met en scène la confusion dans laquelle les soldats coincés entre les Allemands, la neige et le brouillard se retrouvent dès qu'ils entrent dans les bois, et bien sur n'oublie pas d'envelopper la violence dans une certaine part de mystère en dosant la part d'"action" que nous voyons. Le film est prenant, âpre et splendide, comme d'habitude.

Published by François Massarelli - dans William Wellman Cinéma Américain Film de guerre
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 14:02

L'un des plus fameux films de Capra pré-It happened one night, le serait-il tout autant si Jean Harlow n'y interprétait pas un rôle de garce? Au passage, toute comparaison entre la même Harlow en 1931 chez Wellman (The public enemy) et chez Browning (The iron man) permet de constater soit que la dame apprend très vite, soit que Capra était un fabuleux directeur d'acteurs! Car elle est ici excellente de bout en bout...

Donc, dans une rédaction si typique d'un film du début des années 30, la star des reporters Stewart "Stew" Smith (Robert Williams) se voit confier une mission importante: récolter des informations sur le dernier scandale de la très respectable famille Schuyler. Une fois arrivé chez eux, ils essaient de faire jouer leur atout principal, la séduction de la petite dernière, Annd (Jean Harlow) mais le plumitif intraitable ne fera rien pour leur faire plaisir, et le journal publiera bien les informations. Seulement, il revient à la charge et séduit Anne... et le couple convle en juste noces lors d'un mariage éclair! Deuxième scandale, mais pas seulement pour les Schuyler: la jeune collègue de Stew, sa meilleure amie Gallagher (Loretta Young) le prend particulièrement mal... Mais l'arrivée de l'électron libre Stew chez les Schuyler va prooquer quelques tempêtes cocasses.

Evacuons de suite ce qui dérange le plus: Robert Williams. Il joue ici un rôle assez proche du style de journalistes que pouvait jouer Lee Tracy, qui généralement n'en faisait qu'à sa tête, et le fait de plonger ce zozo chez les Schuyler tendrait presque à nous les rendre sympathiques! Avec Stew, on est bien loin des Deeds et des Smith, dont la candeur serait un bon vecteur pour s'attirer la sympathie du public. D'ailleurs, il est intéressant de constater un certain nombre des ingrédients qui feront justement le succès de Deeds: une presse aux aguets, une famille bourgeoise sous investigation, des personnages manipulateurs, et un éléphant dans un magasin de porcelaine...

Le film est plus qu'un brouillon, d'abord parce qu'il anticipe joyeusement, sans jamais céder la place au drame (Contrairement aux films plus baroques que sont Ladies of leisure, Forbidden, ou The miracle woman), sur l'oeuvre future de Capra et sur ses thèmes de prédilection. Le scénario dû pour une large part à l'ami Robert Riskin fait la part belle aux dialogues qui font mouche, et il est construit sur une progression limpide et étanche. Et le metteur en scène a su choisir son rythme avec une assurance rare, en se ménageant des petites haltes comiques ou même absurde qui font toujours respirer le film...enfin, le film, deux ou trois ans avant, anticipe aussi sur tout un style dont Capra sera brièvement un maître, temps d'un film mémorable, It happened one night: la screwball comedy.

Published by François Massarelli - dans Frank Capra Pre-code Comédie Screwball comedy
30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 09:55

Gus Lobel (Clint) est un ancien joueur de base-ball, devenu recruteur par la force des choses, et de son (grand) age. Il est inquiet, car sa vue baisse et il n'envisage pas d'arrêter son travail. Il arrive à un tournant, car le club professionnel qui l'emploie doit recruter un jeune joueur, et Gus va être envoyé en Caroline du Nord pour donner son avis sur une possible recrue. Sa fille Mickey (Amy Adams), une jeune avocate qui s'est éloignée de lui, décide de l'aider en l'épaulant sur le choix, et ils vont tous les deux rencontrer un jeune recruteur, Flanagan (Justin Timberlake), un ancien joueur, qui a de l'affection pour Gus, mais plus encore pour Mickey. Bien qu'ils soient concurrents, Gus va donner de précieux conseils à son jeune collègue, et Mickey va être prise dans plusieurs dilemmes: aider son père qui semble tout faire pour la rejeter, ou pas? Continuer la vie d'avocate en travaillant pour des firmes qui la traiteront toujours en femme avant tout, ou laisser libre cours à sa passion pour le sport? ...et enfin, bien sur, Flanagan ou pas Flanagan?

Dans cet unique film en vingt ans qui soit une production Malpaso avec Clint Eastwood mais sans qu'il l'ait lui même réalisée, le "studio" semble préparer la relève! Rob Lorenz, collaborateur depuis vingt ans (Assistant et producteur), se lance en effet dans la réalisation "à la manière de"! Bon, le résultat, ans surprise, reste un film Malpaso typique, tout en étant peut-être un peu plus léché, un peu plus pro que les films du patron. On connait le goût de Clint Eastwood pour la première prise. En choisissant une comédie légère avec vieux bougon qui veille depuis les coulisses sur sa fille et l'élu potentiel de son coeur, Lorenz n'a pas réalisé un film révolutionnaire, mais il se laisse regarder, comme une plongée rassurante dans le quotidien Américain d'une petite communauté, celle du base-ball, obsédée par ses calendriers, et gardée par des recruteurs qui connaissent leur métier et refusent tout progrès. Aucune surprise, donc, dans le fait que le rôle du méchant, dévolu à Matthew Lillard (Sammy dans Scooby-doo, pour situer), soit celui d'un recruteur "moderniste", qui ne se déplace jamais pour aller voir les matchs; bref, un con. Et il l'est tellement qu'on se demande d'ailleurs comment personne (Pas même le copain de Gus, interprété avec bonhomie par John Goodman, certes en service minimum, mais je préférerai toujours Goodman en service minimum à Isabelle Huppert même quand elle essaie d'avoir du talent) ne s'en est jamais aperçu.

Voilà qui prouve que ce film Malpaso est bien un film Malpaso, jusque dans l'approximation un peu limite. Mais on y retrouve aussi des thèmes habituels des films d'Eastwood: la vieillesse et les haltes occasionnelles qu'elle impose, la difficile question de la parenté, et aussi le danger permanent qui menace les enfants, de plus en plus présent depuis Mystic river et The changeling.

Published by François Massarelli - dans Cinéma Américain Clint Eastwood Comédie
26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 18:02

L'ultime film muet d'Alfred Hitchcock n'a pas été un grand succès, et tend à être délaissé comme les autres films Britanniques éloignés de son milieu naturel, le suspense... Pourtant il y question de ce thème éminemment Hitchcockien, la faute, qui ne se traduit pas ici suivant les codes de la justice traditionnelle par un crime, mais plutôt selon la morale, par une trahison et un double péché. C'est un mélo, un de ces films si Anglo-saxons qui confronte les sentiments à une structure dramatique qui impose des avanies qui vont se terminer, sinon dans la tragédie, en tout cas dans la noirceur. C'est aussi un drame cruel et catholique, qui nous rappelle qu'Hitchcock a toute sa vie choisi d'explorer les contours des croyances dans lesquels il avait grandi... Enfin c'est un curieux exemple de ce qu'à défaut d'un terme existant j'appellerais volontiers le "pré-parlant"!

L'intrigue se situe sur l'île de Man, au large des côtes Nord-Ouest de l'Angleterre. Cette petite communauté de pêcheurs isolés s'est dotée, comme Jersey ou Guernesey au Sud, de lois qui lui sont propres, et d'une structure qui est unique. Parmi les pêcheurs, nous faisons la connaissance de Pete (Carl Brisson), un brave garçon, leader né, qui a des ambitions: en attendant, il milite pour le bien-être de ses camarades en compagnie de son ami d'enfance, le fils de famille Philip (Malcolm Keen). Ce dernier est avocat, et le beau parleur de la classe ouvrière et le timide connaisseur des lois sont aussi amoureux l'un que l'autre de la même femme, la jolie Kate (Anny Ondra), la fille du patron du pub dans lequel les pêcheurs finissent le plus souvent leurs rencontres militantes... Mais Pete va se déclarer le premier, au grand dam du père, qui pense que le garçon n'arrivera jamais à rien. Lorsqu'il décide de parcourir le monde pour faire fortune, Pete confie bien sur Kate à son meilleur ami, et ce qui devait arriver arrive...

Philip est le fils d'un Deemster, le magistrat de l'île, autorité suprême en matière de justice sur l'île de Man. Il ambitionne justement de le devenir à son tour, et l'impossibilité de concilier les affaires du coeur et cette ambition sera un moteur important du film. Mais s'il est bien sur question de justice, Hitchcock adopte toute la panoplie du mélo, depuis le triangle amoureux jusqu'à l'improbabilité de certaines situations: ainsi Pete, apprenant qu'il a été donné pour mort, envoie-t-il une lettre à Philip en lui demandant de ne rien révéler à sa petite amie pour lui faire une surprise... Ce ton un peu léger tranche avec la noirceur du film, qui va d'abord opposer Philip et sa conscience, lui qui a peur de trahir l'amitié qui le lie à Philip, puis opposer l'amour inconditionnel de Kate pour Philip, à la lâcheté de ce dernier qui essaie de faire passer son bien-être et son ambition de devenir Deemster (ce qui implique bien sur un comportement moralement irréprochable) avant son amour de la jeune femme... Il est intéressant de constater qu'en choisissant de confier le rôle du brave garçon qui se fait trahir de partout à Carl Brisson, Hitchcock l'écarte quasiment du paysage: il devient la brave andouille qui n'a rien compris, ce qui d'ailleurs lui va assez bien, le pauvre! Non, le conflit qui occupe la deuxième partie du film est surtout entre l'homme qui brigue la confiance des autres pour rendre la justice, et ceux qui rassemblés en foule ne lui pardonneront jamais sa faute s'ils l'apprennent.

Le point de vue passe donc souvent par l'utilisation de gros plans des personnages. Toute la première partie semble passer ainsi par le point de vue de Philip, qui lui aussi aime Kate et ne sera jamais capable de le lui dire tant que Pete prendra toute la place. Mais une fois ce dernier parti, on passe au point de vue de Kate, d'une fort belle façon: Hitchcock nous montre les pages du journal de la jeune femme, qui écrit d'abord que "Mr Christian" est passé la voir, puis qu'elle a passé la journée avec "Philip", avant de finir par passer rendez-vous à "Phil"! On va ainsi voir leur flirt innocent, qui le devient moins lorsqu'ils apprennent la mort supposé du pêcheur. C'est à Kate de briser le silence: "maintenant nous sommes libres". Lors d'un de leurs rendez-vous, elle se donne à lui dans un moulin... Qui sera quelques séquences plus tard utilisé par la famille de Pete pour la cérémonie de mariage! La faute incombe donc à la jeune femme, mais elle n'a pas vraiment trahi l'homme auquel elle était promise. Par contre, la lâcheté de Philip va quant à elle faire l'objet de la deuxième partie, qui sera d'autant plus noire que Kate s'aperçoit bien vite qu'elle est enceinte... de Philip. C'est un mélodrame Hitchcockien, qui ne juge pas totalement donc, et qui nous montre au contraire une société rigoriste qui elle se retourne contre ceux qui ne filent pas droit, qui montre du doigt et jette sans raison la pierre...

Si le metteur en scène trempe donc le mélo classique dans son propre catholicisme, il le fait avec discrétion, et à la fin, il reste sur Carl Brisson, un pêcheur parmi d'autres, que tous ses camarades ont vu déserté par la femme qui l'aimait. Une belle séquence, mais qui sonne un peu creux au regard des séquences consacrées à Kate et Philip: devant le refus de son amant de dire la vérité à son mari, la jeune femme tente de se suicider... un délit qui impose à la police, une fois la jeune femme repêchée, de la traduire devant le juge, qui bien sur n'est autre que son amant! La cruauté du mélo n'est pas dénuée d'humour, donc... Hitchcock semble presque profiter de la médiocrité de Brisson, mais le film souffre par moments de ce déséquilibre entre lui et Malcolm Keen, excellent de bout en bout en un homme torturé entre conventions, convictions, amitié et amour... un homme qui le jour de la naissance de son enfant devra ronger son frein, et se contenter de réconforter le père officiel.

Blackmail suivra: Hitchcock en profitera pour se réessayer avec succès cette fois au drame policier, tout en continuant à explorer les arcanes de la culpabilité face à la justice et la société, ce qui prouve que d'un genre à l'autre, l'oeuvre de Hitchcock restait d'une grande cohérence. Mais dans ce film, tourné en plein boom du parlant, le metteur en scène s'amuse à faire parler ses personnages: à deux reprises, Anny Ondra articule clairement "I am going to have a baby". Les gens lisent sur les lèvres, et Hitchcock demande à ses acteurs (De trois nationalités différentes, un seul d'entre eux maîtrisant la langue de Shakespeare) de formuler leurs dialogues... Peut-être s'entraînait-il, tout bonnement? Quoi qu'il en soit, même avec ses séquences "parlantes", The manxman est un film passionnant malgré ses défauts, et un bel adieu au muet, dont il porte bien fièrement l'étendard, fait de mélodrame, d'humour noir, et de paroxysmes dramatiques et cruels...

Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock Grande-Bretagne Muet
25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 17:38

1893: Herbert G. Wells (Malcolm McDowell) a enfin réalisé son rêve; après avoir fait le mercenaire en plaçant des articles et éditoriaux un peu racoleurs dans plusieurs journaux, il a pu financer la réalisation de sa machine à voyager dans le temps. Et il a invité un groupe de ses amis scientifiques, intellectuels et médecins afin de leur faire part de son invention... L'un d'entre eux, le docteur John L. Stevenson (David Warner) arrive un peu tard: et pour cause, il vient d'assassiner une prostituée, une vieille habitude qui l'avait beaucoup amusé à l'hiver 1888, mais qui lui était pourtant passée. Lorsque la police, sur les traces du meurtrier, arrive sur les lieux, qu'on trouve toutes les peurves de son acte dans sa trousse de médecin, Stevenson a disparu... Wells comprend qu'il est parti dans le temps, et se précipite à son tour... pour arriver à San Francisco en 1979, dans une exposition consacrée à l'univers de H. G. Wells dans laquelle la machine est justement l'une des attractions majeures. Décalé, déboussolé, Wells va vite pouvoir compter sur l'aide d'Amy Robbins (Mary Steenburgen), une jeune Américaine délurée, pendant que les meurtres de prostituées vont se multiplier à San Francisco...

Sorti à la toute fin des années 70, ce film inattendu d'un auteur-réalisateur qui n'a ps forcément fait beaucoup de vagues dans sa vie, est plus qu'un ovni. Avec son scénario qui entremêle adroitement et avec humour Jack l'éventreur et H. G. Wells, suspense et voyage dans le temps, l'époque Victorienne et le San Francisco qui avait vécu la libéralisation et la révolution sexuelle, le film anticipe avec bonheur sur la production des années 80 dans son extravagance, cachée derrière les Indiana Jones, ou les autres productions de Spielberg, Young Sherlock Holmes en tête... nous sommes donc face à un mini-classique!

Le décalage entre le Victorien malgré lui Wells (McDowell est un immense acteur, ce n'est pas nouveau, mais ici il est formidable dans le rôle du Candide), qui dans le Londres de son époque professe le socialisme, l'utopie et l'amour libre, mais se choque vite du comportement très rentre-dedans de la belle Amy, l'arrivée de Jack L'Eventreur qui explique à son ex-ami en lui montrant la télévision (drames, guerres, enlèvements, massacres) qu'il est désormais dans un monde taillé pour son génie criminel, la confrontation aussi d'un homme à sa propre mortalité (Wells arrive dans un musée qui lui est consacré, et peut voir autour de lui toute son oeuvre qui lui est encore étrangère), le film fourmille d'idées et adopte une narration à hauteur d'homme perdu, en montrant constamment la façon dont Wells n'a pas les clés pour comprendre ce monde. C'est drôle, mais pas que, c'est aussi à bien des égards une certaine forme de conte de fées. Et on passe, définitivement, un bon moment...

Published by François Massarelli - dans Cinéma Américain Science-fiction Comédie
20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 18:01

Le duc Otto Von Liebenheim (Claud Allister) va se marier, du moins le croit-il: sa fiancée, la belle comtesse Mara (Jeanette McDonald), l'a pourtant habitué à partir sans crier gare, c'est la troisième fois! Il va essayer de la reconquérir, mais la belle s'est installée à Monte-Carlo, ou elle espère naïvement faire une fortune au jeu... Elle va, bien sur, tout perdre. Sauf l'admiration d'un inconnu, Rudolph (Jack Buchanan) qui va essayer de se rendre vite indispensable, en se faisant passer pour un coiffeur aux largesses inattendues, auprès de celle qui n'a pas les moyens d'en engager un...

Quiconque a vu le précédent film de Lubitsch, The Love Parade, sera immédiatement en territoire connu: comédie musicale empreinte d'audaces, de délicieux marivaudages et de sous-entendus grivois , les chansons y sont parfaitement intégrées et la comédie n'y est jamais non plus un prétexte au remplissage. Bien sur, on est dans une ère pré-Berkeley (A une ou deux années près), donc pas de chorégraphie au sens strict: juste un incessant balet des corps, des têtes et du reste, pour ces riches oisifs et leurs valets et domestiques, qui se retrouvent dans une situation proche du Monsieur Beaucaire de André Messager: un prince, déguisé en un coiffeur qui prétend être noble... L'occasion pour les acteurs du film, dans le final, de se mesurer à ceux de la pièce...

Comme le film précédent, celui-ci est une réussite, aussi friponne que peut l'être un film de Lubitsch de 1930, et une fois de plus l'auteur se contrefiche des limitations de la caméra, à cette époque ou les plus grands metteurs en scène tendaient à marquer un temps d'arrêt pour apprivoiser le nouveau médium, Lubitsch fait comme il l'a toujours fait: du Lubitsch! Avec ou sans Maurice Chevalier... Mais avec Jack Buchanan, excellent, l'inévitable Jeannette McDonald, et en soubrette décalée, la grande ZaSu Pitts. 

Published by François Massarelli - dans Ernst Lubitsch Pré-code Musical
20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 09:00

L'année 1929, il valait mieux parler, sinon le succès ne pouvait pas être au rendez-vous. Combien de films Américains ont-ils sacrifiés sur l'autel absurde du micro, cette croyance dans le fait que le muet était définitivement révolu? Du reste, peu de films muets d'envergure ont été tournés cette année-là. Dans cette situation d'expédition des derniers films muets, sacrifiés au tout-bavard, Eternal love ne fait pas exception: généralement considéré comme étant sans le moindre intérêt, et par ailleurs il est vrai qu'il se rattache justement essentiellement au style muet de Lubitsch, plongé dans la routine flamboyante et un peu vide des productions de John Barrymore, des films à l'ancienne, entièrement à la gloire de l'acteur, et tournés selon ses termes.

Et pourtant...

Début du XIXe siècle: dans les Alpes Suisses, une petite communauté montagnarde subit de plein fouet l'occupation Française. A la fin des conflits, la libération est le prétexte d'une célébration durant laquelle tout le village se retrouve à danser et boire. Et Marcus (John Barrymore) en profite pour une fois de plus dire son amour à la belle Ciglia (Camilla Horn), la nièce du prêtre de la paroisse. Il n'est as le seul sur les rangs: Lorenz (Victor Varconi), un utre villageois un peu moins impétueux que lui, est amoureux de la belle. Mais s'il est clair que Ciglia aime Marcus, ce n'est pas au point de céder à ses avances alors qu'il a clairement trop bu. Il rentre donc chez lui, saoul, et ne s'attendait pas à trouver dans sa chambre Pia (Mona Rico), une jeune femme qui le suit partout et qui elle est prête à tout... Y compris, le lendemain, à faire un scandale retentissant: Marcus épouse donc Pia, et Ciglia est promise à Lorenz; le drame couve...

On retrouve ici deux univers: celui de Barrymore y est présent, son impétuosité, le romantisme exacerbé, la flamboyance des sentiments, des actions, du sacrifice et aussi, parfois, l'excès dans le péché! Les clichés qui ont la peau dure, aussi... De son côté, Lubitsch apporte sa science de la mise en scène des liens invisibles entre les êtres, son savoir-faire pour représenter la foule et son idéologie, et bien sur un ton décalé, qui passe par une observation pointilleuse et un sens du détail consommé. Et cerise sur le gâteau, Lubistch a réalisé en 1920, dans les montagnes enneigées du Tyrol, Romeo und Julia im Schnee, une autre histoire d'amour, mais qui était elle traitée beaucoup plus sur le ton de la comédie. C'est d'ailleurs l'une des clés de l'oubli flagrant dans lequel ce film tardif est tombé: ce n'est pas une comédie, mais bien un film ouvertement sentimental, dont la noirceur rejoint l'âpreté souvent associée au lointain souvenir du film perdu The patriot, réalisé l'année précédente par Lubitsch. et juste avant, le metteur en scène avait tourné pour la MGM The student prince, qui faisait évoluer la comédie sentimentale vers le drame... Or ce n'est pas l'image de lubitsch aux Etats-unis; peut-être le metteur en scène a =-t-il aussi peu gouté cet exercice de style?

...En ce cas ça ne se voit pas beaucoup, car s'il a bien fait le travail qui lui était demandé et utilisé son savoir-faire pour tourner des séquences lyriques de LA star Barrymore en montagnard fier, dans les décors absolument magnifiques de l'Alberta, des scènes d'avalanche et des scènes de foule impeccables, ce qui a le plus motivé Lubitsch dans ce film, c'est bien sur l'intime, le fonctionnement visuel d'une communauté en proie à la suspicion et au ragot; il lui fat peu d'images pour installer dès le début du film cette impression de rejet basé sur la jalousie et la bêtise, de Marcus par la population des braves gens qui jamais ne se mêleront d'autre chose que de ce qui ne les regarde pas!

Et la façon dont Lubitsch utilise la caméra et le montage, les détails et parfois leur absence, pour amener une idée à bon port, est ici au sommet de son art: plusieurs scènes pour se faire plaisir, en fait: dans l'une, on voit le prêtre chez lui, servi par sa bonne qui est triste de le voir soucieux. On la suit jusqu'à la pièce ou est Ciglia, et la bonne est triste de la voir soucieuse également. Une cloche: on a sonné: la bonne va voir, revient et apparaît radieuse à la porte: Ciglia pleine d'espoir attend: mais c'est Lorenz. Quelques instants après sa visite, la cloche de nouveau: la bonne va ouvrir, et Ciglia attend: cette fois, quand la porte de la pièce s'ouvre, on aperçoit juste la main de la bonne qui dépose dans la pièce un fusil. Nous savons à qui appartient ce fusil, et Ciglia aussi. Son visage s'éclaire... pas d'intertitre, même pas une image de Marcus, mais le message est passé. Dans l'autre scène qui me vient à l'esprit, Marcus est rentré chez lui après sa tentative maladroite de séduire Ciglia lors d'un bal costumé, et il est flanqué de Pia. Il se débarrasse d'elle sans le moindre ménagement, avant de rentrer dans sa maison. Quelques instants plus tard, il ressort, inquiet: et si la jeune femme était restée pour tenter d'entrer? Il ne la voit pas, rentre de nouveau dans sa maison. Le dernier plan nous le montre entrant dans sa chambre et déposant ses affaires puis regardant droit devant lui, une expression de surprise au visage; nous ne verrons pas ce qu'il a vu, mais la caméra fait un léger détour sur la droite, et au mur, nous apercevons, accroché à une patère, le masque que portait Pia...

Certes, ces jolies efforts de mise en scène sont au service d'un mélodrame des plus embarrassants, et ces belles images ne sont guère plus que le dernier souffle d'un cinéma muet en pleine agonie. Mais dans un film qui tente, à sa façon, de donner la version de Lubitsch de la mise en scène à la Murnau (C'est flagrant dans la façon de montrer les intérieurs de ces maisons rigoristes de montagnards teigneux), qui une fois posé le style de jeu flamboyant et encombrant de la Star incontestée, permet à des acteurs aussi intéressants que Varconi et Horn (Très probablement dirigés en Allemand, ils sont d'une grande justesse) de briller dans des rôles qui échappent eux aux clichés qui auraient pu les handicaper, il y a beaucoup plus que ces conventions. Que ce ne soit pas le meilleur film de Lubitch, c'est entendu, mais c'est un excellent film de John Barrymore.

Pour finir, une petite pointe d'ironie positive: Mary Pickford, qui avait fait venir Lubitsch aux Etats-Unis en 1923, lui gardait rancune de leur mésentente sur le tournage de Rosita. Elle prétendait des années plus tard que c'était un incapable, qu'il n'était motivé que par la représentation des portes... C'est amusant de constater qu'ici, on a en effet une "mise en scène des portes", dans ces scènes qui savent utiliser les rapports entre les gens et le fonctionnement ancillaire des maisons, pour montrer la vie. Mais c'est sans doute aussi très paradoxal, que ce film muet tardif et si mal vu ait survécu justement grâce à l'appui, du vivant de la star; de... la Fondation Mary Pickford, entièrement dédiée à la préservation et au sauvetage des films muets.

Merci, Mary, grande dame jusqu'au bout.

Published by François Massarelli - dans Muet Ernst Lubitsch John Barrymore
19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 09:20

Les Ides de mars: la période de l'année qui renvoie bien sur à la trahison qui mène à l'exécution de Jules César par Brutus, Cassius et Casca dans le Julius Caesar de Shakespeare, ce qui sied parfaitement à l'atmosphère de ce thriller politique d'un noir profond, qui nous renvoie une image trouble des politiques. Clooney, qui a rarement raté l'occasion de participer de façon très active à des campagnes présidentielles, du côté démocrate, a profité dune période entre deux élections pour faire ce film, qui avouons-le n'offre pas une image très glorieuse de la politique. Mais ceux qui sont en cause ne sont pas forcément les politiques eux-mêmes, car le film s'intéresse aux coulisses d'une primaire, et donc aux jeux de pouvoir, aux éléments de communication et aux tractations en sous-main.

Le gouverneur Mike Morris est candidat à la primaire présidentielle du parti démocrate, et un enjeu de taille l'attend: soit gagner la partie en Ohio, dont tous les délégués démocrates iront là ou on le leur dira, soit remporter le soutien du très populaire et très médiatique Franklin Thompson (Jeffrey Wright), sénateur de Caroline du Nord. Mais celui-ci est très gourmand, et Morris se veut intègre: son programme est apparemment honnête, no trop progressiste ni trop centriste, bien pensé, et il ferait très probablement un bon président. C'est justement ce que pense Stephen Meyers (Ryan Gosling), un communicant qui n'a jamais accepté le moindre compromis avec ses principes. Lorsqu'il est approché par Duffy (Paul Giamatti), le chef de campagne du candidat concurrent, il commet une erreur: il se rend par politesse à sa rencontre. Mais il va y avoir pire: Meyers se rend compte que Morris a fauté lui aussi: il a couché avec une stagiaire (Evan Rachel Wood) et celle-ci est enceinte... De quoi écorner l'image du bon père de famille du candidat, mais comme en prime Meyers a une relation avec la jeune femme, sa loyauté est rudement mise à l'épreuve...

C'est passionnant, et assez déprimant aussi! Contrairement à ses trois films précédents, Clooney choisi une intrigue contemporaine, et a participé à la rédaction du script; mais il serait illusoire d'imaginer que le film dénonce ici la duplicité du politique! Il est bien sur regrettable pour la famille Morris que le père ait couché avec une autre. Il est embarrassant pour lui qu'il en ait résulté une grossesse, d'autant plus embarrassante que la jeune femme est la fille d'une haut responsable Démocrate, et Catholique de surcroît: ce qui est sale ici, c'est le fait que les candidats finissent pieds et poings liés aux mouvements de cour, négociations et compromis de leur équipe.

Les choix de mise en scène de Clooney sont sages, mais bienvenus et assez typiques d'un acteur passé metteur en scène: des prises longues, des plans séquence, et des dispositifs qui incluent plusieurs développements en un seul plan. Il multiplie les sources d'information, entre écrans situés dans le champ, présence de la presse, et multitude de sources téléphoniques! Par ailleurs, on est en permanence dans les coulisses, et le point de vue est quasiment en permanence celui de Meyers, dont Ryan Gosling fait un personnage riche dont nous assistons à la perte de toutes les illusions, dans un renoncement d'une ampleur cataclysmique. 

Published by François Massarelli - dans George Clooney Politique Américaine Cinéma Américain
16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 19:09

Après deux films qui auscultaient le passé trouble de la politique Américaine, Clooney décide pour sa troisième réalisation de se laisser tenter par une comédie, et de rendre un hommage vibrant, bien vu et sans aucune prétention, à la screwball comedy, et à l'univers de Frank Capra en particulier. Mais Capra avec une particularité qui nous éloigne sensiblement de son univers. Ce film, c'est comme si le héros de Mr Smith goes to washington n'était pas James Stewart, mais Thomas Mitchell.

En effet, l'intrigue de ce film, situé plus ou moins dans les années 20, parle bien d'une journaliste qui tente de débusquer la vérité derrière une star du football Américain universitaire, dont le côté boy-scout parait trop exagéré, un peu à la façon dont Jean Arthur enquête sur Gary Cooper dans Mr Deeds goes to town. Mais tout ceci est vu à travers l'expérience d'un autre joueur, le vétéran Dodge Connelly, qui n'est pas vraiment un perdreau de l'année, et qui lui aussi  aflairé une embrouille, ce qui ne l'empêche pas d'engager le joueur miracle, Carter Rutherford (John Krasinski) parce qu'il sait que ça va apporter de la publicité à un domine qui en a bien besoin, le football professionnel. Par la même occasion, il va développer une romance avec la journaliste Lexie Littleton (Renee Zellweger)...

Des dialogues qui fusent, une reconstitution attendrie d'une époque révolue, des stars qui font leur job avec in grand plaisir (Clooney est plus proche ici de son registre tel qu'il l'a développé chez les Coen, que ce qu'il fait habituellement en solo, et je le dis avec plaisir, Zellweger est pour une fois supportable. Pour commencer, elle a une façon d'aborder l'argot d'époque avec une certaine gourmandise, ce qui est important dans ce genre de film!), un milieu exploré avec humour et justesse, et mine de rien, chez cet incorrigible cinéaste à message, un voyage au pays de l'optimisme, à une époque où tout restait à faire, certes, mais ces joueurs de football, les Duluth Bulldogs, l'entraide est une valeur universelle, pour les vieux comme les jeunes, les stars comme les sans grade, et... les blancs comme les noirs. Illusoire, si on se réfère à l'histoire du sport? Oui, bien sur. Mais et alors? Les Américains ne viennent-ils pas d'élire un président illusoire?

Published by François Massarelli - dans Comédie Screwball comedy George Clooney Cinéma Américain