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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 09:37

Comme tous les gens qui aiment Astérix, et Goscinny et Uderzo, on ressent un embarras profond lorsqu'une conversation porte sur les films adaptés de l'oeuvre. Si on se réjouit que la renommée de cette bande dessinée lui ait permis d'être aussi souvent transcrite au cinéma (13 fois si on excepte le court métrage Deux romains en gaule, pour la télévision, qui n'était qu'un hommage appuyé, sans réellement s'aventurer dans l'univers du petit Gaulois à la potion magique), on ne peut pas dire que c'est jusquà présent marqué par la réussite. On apprécie les efforts d'un Alain Chabat, dont le Mission Cléopâtre est l'hommage fervent d'un connaisseur, mais le film est qund même sérieusement déséquilibré, comme si le metteur en scène faisait tout pour mettre Christian Clavier et Gérard Depardieu à l'écart... En me relisant, je pense que je le comprend, remarquez... Tout ça pour dire qu'après des films embarrassants, et des dessins inanimés, dont les deux premiers (Astérix le Gaulois, Astérix et Cléopâtre) qui étaient adaptés au plus près des oeuvres d'origine, sont sans doute les plus indigents, ça fait le plus grand bien d'avoir devant soi une adaptation qui prend le meilleur d'un album, ou presque, et s'en tire avec les honneurs, sans pour autant négliger l'un des aspects les plus importants: oui, ça doit bouger et faire rire, mais le dessin d'Uderzo doit quand même y être rappelé, et à ce niveau, le choix de la 3D s'avère, enfin, la bonne solution. Louis Clichy n'est pas n'importe qui, puisqu'il a fait ses classes d'animateur chez Pixar, et Astier (Principal scénariste, dont la part de réalisateur a essentiellement consisté à diriger les acteurs avant qu'ils soient animés) est désormais établi comme un humoriste rigoureux dont l'univers est fait d'une imprégnation dans une époque, avec des anachronismes surtout basés sur des comportements: voilà qui fait une équipe à même de traiter à sa juste valeur un classique de la série. Et ça marche! le rythme est soutenu sans être hystérique, les personnages y sont globalement respectés, les dialogues bien ouvragés, avec la dose appropriée de réinvention. Et on a en prime l'apparition de trois patronymes Romains rigolos, ingrédient indispensable pour qui doit passer son examen de Goscinnysme: PetitMinus, Appeljus, et le facile mais de bon aloi Travaillerpluspourgagnerplus.

Le Domaine des dieux raconte comment César, avec l'aide de l'architecte Anglaigus, tente de vaincre les Gaulois en leur imposant une invasion d'un genre nouveau: ils font en effet construire des logements de luxe au plus près du village, en poussant (Par des moyens publicitaires) les citoyens Romains à s'y installer. Les Gaulois répugnant à s'attaquer à des civils, on voit bientôt le village envahi par des voisins et voisines qui viennent s'approvisionner, les Gaulois découvrent alors le pouvoir capiteux du miracle économique...

On notera au passage dans le film quelques changements, inhérents au processus d'adaptation d'un album de 44 pages qu'il convient de transformer en un film de 80 minutes, des manques mêmes, sans parler sèchement... La principale transformation consiste surtout en l'absence d'une sous-intrigue marrante comme tout, dans laquelle Obélix se faisait passer pour fou furieux pour provoquer un départ d'une famille du Domaine des Dieux, résultant en l'infiltration des Gaulois. ici, il y a bien infiltration, mais elle se fait de manière plus frontale, et ce n'est pas l'aspect le plus convaincant. Mais j'ose l'avancer, s'il est un détail par lequel on peut juger de la validité d'une adaptation d'Astérix (Au-delà du plaisir de n'y retrouver aucun acteur Sarkozyste, bien entendu), c'est bien...

...Les poules. Car Uderzo, de son propre aveu, ne peut s'empêcher de dessiner des gallinacés dans quasiment toutes les cases de son village Gaulois. Eh bien Clichy l'a vu, l'a intégré, et ça me fait rire comme un gosse. Voilà.

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Published by François Massarelli - dans Animation