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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 12:26

Dans le catalogue des films Méliès, ce titre était en fait un ensemble de 11 bandes, toutes situées en un décor unique selon les usages alors en vigueur. Mais Méliès a très vite pris le parti de les considérer comme un seul et même film, recommandant d'ailleurs aux acheteurs de ses bobines (Oui, Méliès ne pratiquait pas le système locatif, il vendait ses films) de les montrer comme bon leur semblait: regroupées en un ensemble de 13 minutes (A l'origine), ou en 11 parties séparées. Une façon, peut-être de noyer le poisson, d'inviter les acheteurs à ne pas considérer ce film comme autre chose qu'un bout de pellicule? Il est vrai que le sujet en était polémique, voire brûlant! Car s'il est un film qui prouve que Méliès, venu au cinéma par curiosité, et désireux d'étendre par le moyen de photographies qui bougent, son champ d'action d'illusioniste, avait enfin trouvé sa voie et considérait désormais le cinématographe comme un moyen d'expression à part entière, c'est bien celui-ci. Car cete affaire Dreyfus ets bien plus qu'une reconstitution, il convient de préciser qu'elle a été tournée en 1899, alors que l'affaire battait son plein... La France révélait son profond, viscéral (Et semble-til immortel) antisémitisme, l'affaire en question déchirant le pays en deux clans. Méliès avait choisi le sien, Dreyfusard notoire, il a donc décidé de s'afficher dans ce film. Si 2 des onze "tableaux" sont aujourd'hui perdus, on appréciera la façon dont Méliès découpe, en autant d'épisodes, neuf étapes de l'affaire, en s'ingéniant à jouer sur l'émotion du spectateur, de dégradation émouvante, en retrouvailles touchantes, en passant par des coups de théâtre (L'agression d'un avocat en plein Paris) impressionnants. Il dit avec force ses convictions, en passant par l'invention formelle: ainsi le metteur en scène qui a bien compris que relater l'affaire dreyfus passe forcément par la subjectivité, installe-t-il sa caméra lors d'un épisode du procès, au milieu de la foule, loin des principaux protagonistes... Et cette Affaire, qui avait raison sur toute la ligne, est pour ma part le moment durant lequel le cinéma passe enfin à l'age adulte, et devient un moyen d'expression de la pensée, des idées, et de l'émotion.

L'affaire Dreyfus (Georges Méliès, 1899)

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Published by François Massarelli - dans Muet