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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 09:40

Sur un lac de l'Arizona, les festivités hormonales et siliconées d'un spring break qui sannonce haut en température sont un peu gâchées par l'arrivée inopinée, suite à un tremblement de terre, d'une espèce de Piranha préhistorique qui avait jusqu'à présent survécu à l'écart, dans un lac souterrain. Ca va être la fête du poisson, et ils vont se servir un peu partout: les garçons et les filles décérébrés qui dansaient comme des crétins autour du lac, les vieux les jeunes, les baigneurs, pêcheurs, bronzeurs, géologues, pom-pom-girls, et y compris les skieurs nautiques, avec ou sans parachute. D'ailleurs, comment pouvez-vous prendre de la hauteur lorsqu'un groupe de piranhas affamés est en train de vous grignoter l'arrière-train? Toutes les figures du film d'horreur au second degré vont donc y passer...

Prenons de la hauteur nous aussi... Même pas un remake du film originel de 1978, réalisé avec trois euros et quatre centimes par le grand Joe Dante, ce nouvel effort est d'une impressionnante efficacité, en plus d'être un fascinant documentaire. Non sur les sales bêtes qui le peuplent (Et il y en a beaucoup, et demain ils seront des milliers, et ils ont faim, et ils mangent, if you see what I mean), non sur le spring break, cet abandon viscéral de toute humanité qui pousse l'étudiant Américain moyen à se déhancher comme un crétin en comptant les nichons siliconés autour de lui; non, le documentaire en question est plutôt consacré au genre, le film-de-bestiole-lâchée-en-plein-sur-un groupe-d'humains-qui-vont-tout-faire-pour-se-faire-bouffer. Aja ne rate aucune cible, est très complet, et ajoute même un certain nombre de nouvelles pistes à explorer pour l'avenir, comme les poches de silicone qui se détachent du squelette, ou la quéquette tellement indigeste qu'un piranha la recrache, avec ce que j'aime à interpréter comme un air de dégout.

Car non, mais comment eut-il pu en être autrement, ce film frontal et au pedigree flou (Métafilm ou exploitation, la frontière a été abolie) ne fait pas dans la dentelle, mais dégage une atmosphère de comédie qui a le bon gout de ne reculer devant rien. Bien sur, tout le monde y trouvera son compte, et certaines scènes du film tombent sans scrupules dans l'exploitation pure et simple, le ballet aquatique en tout premier lieu; les acteurs, conscients du second degré de l'ensemble, ne se privent pas non plus. Si les jeunes talents et les jeunes pousses (Au premier rang desquels Kelly Brooke, supermodèle qui a du talent, et pas qu'en 3D, et compose avec intelligence un personnage de superbimbo qui ressemble à l'image qu'elle est supposée véhiculer, je vous dis qu'on est dans le métafilm!!) font bien leur boulot en criant ou en agonisant au bon moment, on appréciera les présences de six acteurs de premier plan, qui semblent confirmer l'intérêt de l'entreprise: Ving Rhames, qui trouve un moyen certes polluant pour maigrir tout en se débarrassant d'un grand nombre de poissons mangeurs d'hommes; Elizabeth Shue, désormais maman, mais qui traine sa sexitude et un uniforme durant tout le film, lassée de devoir menotter tous les rednecks qui la draguent; Ricardo Chavira, en géologue lassé de s'enuyer à compter les cailloux, et qui est attiré par la foultitude de nichons alentours; Jerry O'Connell, qui en fait des tonnes, et qui a le rare privilège d'incarner un homme qui doit mourir en prononçant, par deux fois, les dernières paroles les plus nulles du monde: "The wet T-shirt contest!!"; Christopher Lloyd, en vieux propriétaire d'une boutique de poissons (Située à côté d'un lac d'eau douce, ce qui quelque part est d'une piquante absurdité...) qui mérite une mention spéciale tant son jeu est réjouissant à force d'être forcé, mais quand on connait le Doc Brown, on a l'habitude. Tous, pourtant, sont à mes yeux symboliquement eclipsés par la présence, dans l'ouverture du film, de Richard Dreyfuss, dont on rappelle qu'il était l'une des stars du film par lequel tout a commencé: non pas le Piranha de Dante, mais bien sur Jaws, de Spielberg. Eh bien, croyez-moi si vous le voulez, mais ici, il aurait bien eu besoin d'un plus gros bateau.

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Published by François Massarelli - dans Miam Gloups