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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 13:17

A star is born... Take 1! La version de Cukor prend toute la place, mais il ne faut pas oublier d'où elle vient: ce film de Wellman a longtemps souffert de n'être disponible, domaine public oblige, que dans d'affreuses copies qui ne rendaient pas du tout justice à son merveilleux Technicolor. Rappelons l'histoire: nous assistons à l'ascension fulgurante d'Esther Blodgett, dite Vicki Lester, une jeune provinciale qui est "montée" à Hollywood afin d'y devenir star. c'est grâce à sa rencontre avec Norman Maine, star confirmée mais alcoolique mondain, qu'elle va percer, puis finalement dépasser son pygmalion, jusqu'à ce que celui-ci devienne un boulet. Les rôles principaux sont tenus par rien moins que Janet Gaynor pour son dernier grand rôle, et Fredric March dans le rôle courageux d'une sorte de John Gilbert-Bis.

C'est une production Selznick, ce qui veut dire qu'on n'a pas lésiné sur les participations prestigieuses (May Robson, Adolphe Menjou, Lionel Stander, Andy Devine sont tous de la partie), mais c'est aussi et surtout un film de Wellman: si on n'attendait pas "Wild Bill" sur ce terrain, à savoir la comédie sentimentale qui vire à la tragédie, doublée d'une vision vitriolée d'Hollywood, il convient de ne pas oublier que Wellman a souvent traité de la déchéance, à commencer par celle qui lui tenait tant à coeur, des vétérans retournés à la vie civile et qu'on oubliait dans leur coin (Heroes for sale).

Et tant de ses films parlent de la cruauté de la chute (Wild Boys of the road, Beggars of life), de la zone, de l'oubli et de la cruauté de l'existence en général, qu'il était peut-être le plus qualifié, sans parler de son regard sans concessions. Avec cette vision cruelle mais juste, sa démonstration des sacrifices qu'on doit faire afin de réussir en tant qu'artiste, le film se dévore tout seul, sans ces moments musicaux qui envahissent le remake de Cukor, qui affadissent la critique et débarrassent le vitriol de cette vision infernale de la quête du succès. Ce n'est sans doute pas le meilleur film de William Wellman, loin de là, mais c'est quand même un sacré moment de cinéma, avec qui plus est l'énergie fabuleuse de l'une des plus grandes actrices du vingtième siècle pour le porter. On la découvre ici avec une capacité à passer de la comédie la plus farfelue (une scène qui la voit essayer d'imiter toutes les stars féminines pour se faire remarquer, Garbo, Hepburn ou Mae West) à la tragédie la plus poignante...

Et celle qui avait affronté Hollywood au coude-à-coude avec son partenaire Charles Farrell, maintenant lessivé, devait avoir une certaine expérience de cette expérience broyeuse qu'était Hollywood à l'époque... Bref, grâce à elle avant tout ce film refait souvent (et trop, les deux dernières versions étant d'une coupable inutilité) est en soi inégalable.

 

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Published by François Massarelli - dans William Wellman