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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 12:59
Sex, lies and videotape (Steven Soderbergh, 1989)

Le premier film de Soderbergh lui ressemble tellement, qu'on est surpris rien qu'à la pensée (Qui nous traverse, parfois, soyons francs) d'y trouver des péchés de jeunesse... Cette histoire de communication et d'incommunication est située à la maison en quelque sorte, à Baton rouge, et ne tourne qu'autour de quatre personnages, qui a eux seuls permettent d'en résumer l'intrigue: les Mullany sont mariés, John (Peter Gallagher) est avocat et ambitieux, Ann (Andie McDowell) est femme au foyer, frustrée à tous points de vue, et... frigide. depuis quelques temps, elle est en crise et voit un thérapeute afin de s'en sortir, mais elle admet avoir renoncé à tout jamais au sexe, une activité qu'elle n'a jamais trouvée intéressante de toute façon. Sa soeur Cynthia (Laura San Giacomo), elle, n'a pas renoncé, et elle entretient depuis quelque temps une liaison musclée et énergique avec son beau-frère, bien sur, qui ne se remet pas du refus de son épouse. C'est en ce contexte qu'arrive un ancien camarade d'université de John, Graham (James Spader), qui va remettre de l'ordre dans tout ça. Totalement atypique, aussi éloigné du carriérisme que John peut s'y vautrer, il parcourt les Etats-Unis en filmant les femmes qui le souhaitent, et se confessent de façon assez impudique devant sa caméra. C'est ce qui va précipiter la crise violente que vont finir de traverser Ann et John.

On voit quelques unes des vidéos de Graham, qui restent relativement chastes, mais l'essentiel est ailleurs: un jeu de regards, une conversation qui prend une tournure intime de façon inattendue, une manipulatrice qui se fait prendre au piège, une situation qui se retourne contre celui qui l'a initiée, mais pour son bien: Soderbergh ausculte les tourments de la classe moyenne Américaine, et pour cette fois il permet à certains de ses pantins de s'en tirer, mais derrière le regard impénétrable et l'absence d'émotions de James Spader, il cache une satire au vitriol de l'homme Américain, incarné par un acteur génial qu'on aimerait voir plus souvent, Peter Gallagher, magnifique de suffisance et de médiocrité. Tous ces gens vont, un jour, cesser de mentir, et ce jour-là... Ca fera mal. Soderbergh étant depuis passé maitre dans l'aart de montrer les stratégies conscientes et inconscientes de l'être humain en représentation, on ne s'étonnera pas du plaisir qu'on prend à ce film.

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Published by François Massarelli - dans Steven Soderbergh