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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 07:31
Great expectations (Alfonso Cuaron, 1997)

La Floride, dans les années 1970; Finn Bell, un garçon d'une dizaine d'années, fait la rencontre la plus inattendue de toute sa vie: il marche dans un lagon à la recherche de poissons qu'il va ensuite dessiner, lorsqu'il se fait agresser par un homme dissimulé sous l'eau. C'est un évadé, il lui intime l'ordre de l'aider et de lui ramener de la nourriture. Finn s'exécute, et aide l'homme à quitter les lieux et rejoindre le Mexique, mais il sera vite repris. Le jeune homme retourne à sa triste vie, auprès de sa soeur Maggie et du compagnon de celle-ci, Joe, un brave homme qui pèche et survit de petits boulots dans la fragile communauté locale. Finn est "convoqué" par l'excentrique et richissime Nora Dinsmoor pour tenir compagnie à sa petite nièce Estella, et Finn obéit, tombant vite sous le charme vénéneux de la jeune fille, qui déjà bien délurée. Ils vont passer des années à se fréquenter sous le patronnage de la vieille dame, et essentiellement danser pour elle au son de Besame Mucho. Il est de notoriété publique que Nora Dinsmoor s'est retirée du monde lorsque son fiancé l'a quittée juste avant le mariage, et il semblerait que cet évènement ait laissé quelques traces. Le temps passe, et Finn, devenu un jeune adulte, est de plus en plus amoureux d'Estella. Un jour, pourtant, celle-ci part à New York, et le jeune homme cesse immédiatement ses visites chez la vieille dame, pendant sept ans. Au bout de cette période pourtant, Finn qui a plus ou moins cessé de peindre, reçoit une étrange invitation pour se rendre à New York, ou on l'invite à exposer son art... Il soupçonne que Nora Dinsmoor est celle qui a payé l'avocat qui l'a contacté et fourni les moyens nécessaires à son déplacement. Il se rend donc à new York...

La structure en feuilleton riche en péripéties, la thématique d'un jeune homme qui devient le jouet des revanches et desseins plus ou moins noirs des autres d'une part, et de son propre destin farceur de l'autre, tout ça vient bien sur du Great Expectations de Dickens, mais c'est transposé en Floride, dans les années 80 et 90... Cuaron, qui avec son deuxième film (Little Princess) avait réalisé un conte de fées modernes, semble s'amuser ici à donner une sorte de vérité aux délirantes aventures de Finn. Le rôle principal a été confié à Ethan Hawke, qui s'en sort assez bien tant qu'il ne devient pas trop le moteur de l'action, en revanche il peine à nous faire accepter son passage à l'âge adulte, tant y compris à 26 ans, Hawke ne parvient pas à en faire plus de 18! Face à lui, Gwyneth Paltrow joue avec retenue le rôle de la garce lasse qui se joue de Finn parce que sa tante lui a confié la mission de venger le traitement qu'elle a subi des hommes, et C'est Robert De Niro, forcément fantastique dans un tel rôle, qui a la charge d'incarner le condamné évadé qui va déclencher l'appel du large chez le jeune Finn... Si on ajoute à ce casting rien moins que Anne Bancroft (Dinsmoor), Chris Cooper (Joe) et Hank Azaria (Walter, le fiancé d'Estella à new york), on voit que Cuaron et la Fox ont mis toutes leurs chances du bon côté... Pourtant, on a aussi le sentiment devant ce film que la compagnie avait en tête de faire à Dickens ce que Baz Luhrmann avait fait à Shakespeare avec son abominable Romeo and Juliet! Et subsite devant ce film souvent totalement délirant une nette impression d'assister à un conflit entre une production qui va dans un sens (Adapter Dickens à la sauce 90s en essayant de faire en sorte que les héros de Dickens fonctionnent exactement comme des gens des années 90) et un auteur qui va dans un autre (Explorer avec une mise en scène faite d'un sens aigu du détail et un don pour explorer et exploiter la sensualité, tout en donnant un arrière-plan onirique inattendu au film). Si les traces 90s du film perdurent, on est surpris par l'étrange beauté vénéneuse de conte initiatique cruel dans lequel force reste à la vérité du rapprochement des corps...

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Published by François Massarelli - dans Alfonso Cuaron