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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 18:38
What did you do in the war daddy? (Blake Edwards, 1966)

Quelques années avant que l'arrivée spectaculaire du cinéma de guerre contestataire n'accompagne de façon explosive la grande vague de protestation de la période, il y a eu un certain nombre de comédies guerrières qui ont un peu anticipé de ce mauvais esprit surtout lié à la guerre du Vietnam et la fracture de l'opinion qu'elle a occasionné dans le monde entier et en particulier aux Etats-Unis. Pourtant, dans ce film comme dans le superbe The Americanization of Emily d'Arthur Hiller, on ne trouve pas cette actualité brulante. Le propos de ce film est surtout de se moquer, de commencer sans doute après les grandes épopées un peu ronronnantes (Le jour le plus long est sorti trois ans auparavant), de commencer à élargir l'image de la guerre en y ajoutant le grain de sel de la comédie. Le titre serait parait-il venu à Blake Edwards lorsque sa fille lui aurait posé cette exacte question, et on peut très bien imaginer l'embarras de n'importe lequel des protagonistes du film si d'aventure on lui demandait de justifier de son activité durant les conflits, compte tenu des situations dans lesquelles se trouvent ici les soldats Américains, les Italiens, et bien sur les S.S.

Le film commence par une séquence de pré-générique qui montre le débarquement et les combats, rapidement esquissés, des Américains en Sicile. Un gradé confie ensuite une mission au capitaine Cash (Dick Shawn), un homme rigide et qui fait tout selon les règlmes: aller mettre un peu d'ordre dans une compagnie un peu déboussolée, mais faite d'hommes de grande valeur. Il arrive en fait dans un groupe totalement démobilisé, qui le regarde avec curiosité plus que déférence, et avec eux cherche à prendre le village de Valerno. Une fois arrivé dans la petite bourgade, le bataillon Italien retranché leur explique qu'ils sont tout disposés à se rendre à condition qu'on les laisse organiser une fête du vin. Sous la pression de ses hommes contestataires, et des manoeuvres habiles du lieutenant Christian (James Coburn), Cash accepte, sans savoir que cette décision va précipiter l'armée Américaine, les Italiens et lui-même dans le chaos...

La bonne vieille méthode de l'accumulation folklorique, qui a tant réussi dans les scènes finales, pourtant jamais prévues par le script, de The pink Panther, avait donné dans le long mais glorieux film The great race, à un festival comique de haute volée. Ici, on voit à l'oeuvre les petites manies de Blake Edwards, qui s'ingénie à additionner dans son village Sicilien les situations improbables, depuis la fraternisation entre les Américains et les Italiens durant laquelle tout le monde échange ses uniformes, jusqu'à la disparition dans des souterrains d'un colonel déboussolé qui finit par devenir fou, en passant par l'arrivée de nazis qui sont , bien sur, de parfaits crétins, et deux cambrioleurs de banques qui s'appliquant à faire leur métier sans se soucier du fait qu'il y ait une guerre autour d'eux. Donc le ton est résolument satirique, et s'il ne faut sans doute pas y chercher les traces tangibles d'une contestation de fonds, le film possède un merveilleux avantage: il est antimilitariste, ce qui selon moi est une forte preuve de gout. Il démontre avec verve que le propre de l'homme, c'est bien plus de se laisser aller tels les Italiens du film à l'indolence, la fête et la fraternisation qu'à la guerre: le conflit est traité par le ridicule lors de l'entrée des Américains, en parfait ordre de bataille, sur une place de village totalement vide: out le monde, soldats comme civils, est à un match de football...

Mais le problème, c'est que si Edwards s'y entend comme toujours pour confectionner avec minutie et gourmandise des situations burlesques à coups de mécaniques de précision huilées, il est aussi généralement mal à l'aise devant l'excès de verbe qui mène à un rythme supposé effrené dans une comédie qui tend à prouver qu'il n'est pas Billy Wilder, et il s'essouffle très vite. Il n'était pas Billy Wilder, et cet aspect bavard est ce qui rend parfois le film un peu irritant.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards