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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:18

Le temps passe, et la perception des films change... Lors de sa sortie, ce film de fiction assez exceptionnel par ses choix (Pas de langage compréhensible, des 'costumes' llimités à un strict minimum, et une tentative rationnelle de placer les acteurs dans des conditions aussi proches que possible de l'action) bénéficiait des recherches de plusieurs éminents spécialistes: Anthony Burgess, le linguiste, a fourni clés en main des notions de langage basées sur plusieurs indices sensés, et le zoologue Desmond Morris a livré pour sa part les clés d'un comportement proto-humain qui faisait sens. Le film n'est en aucun cas une oeuvre de vulgarisation scientifique, mais bien une fiction basée sur le roman de J.H. Rosny, ce qu'il convient de rappeler pour des raison évoquées plus loin...

Dans notre monde, en pleine préhistoire, une tribu de pré-humains rassemblés autour des mêmes peurs, et conservant jalousement le feu, est attaquée par un groupe d'hominidés violents et plus forts qu'eux. Chassés de leur grotte, ils se réfugient sur une île, ou ils vont très vite constater l'étendue des dégats: non seulement pluseurs d'entre eux sont morts, mais ils ont aussi perdu le feu, et ne savent pas comment en faire. La décision, pas unanime, de confier la recherche d'une source de feu à trois d'entre eux est prise, et les trois hommes partent ainsi en quête: Everett McGill, Ron Perlman et Nicholas Kadi sont donc désignés. En chemin, ils vont rencontrer pas mal d'embuches: lions, mammouths, autres tribus hostiles voire cannibales, mais aussi une peuplade inconnue, nettement plus avancée, qui va leur apprendre trois choses essentielles: rire, utiliser des armes conçues pour tuer plus surement qu'une massue, et surtout... Faire du feu. Plus personnellement, l'un d'entre eux va découvrir aussi de nouveausx sentiments grâce à sa rencontre avec une jeune femme de cette tribu (Rae Dawn Chong), qu'il vont sauver de la mort.

Annaud a réussi son film d'une manière éclatante, et il se voit encore aujourd'hui avec fascination, tant la clarté de l'intrigue et des comportements fait sens du début à la fin. Les émotions, essentielles en particulier pour les quatre héros, sont évidentes et parfaitement rendues, nous permettant de suivre sans aucun souci l'intrigue. Ce qui fait problème aujourd'hui, c'est bien sur la rigueur scientifique vue par ceux que Hitchcock appelait d'un ton résolument moqueur "les vraisemblants", les gens qui vont s'attacher à certains détails d'un film pour en contester l'intelligence, puisque la vraisemblance n'y est pas. C'est particulièrement vrai avec ce film, qui mèle d'une certaine façon quatre époques bien différentes de l'humanité à travers quatre groupes d'humains ou d'hominidés aux stades d'évolution (Aussi bien physique que comportementale) bien différents... Par ailleurs, il charge un peu trop la barque pour la tribu des héros, au niveau de leur animalité. Si le but était d'en faire des homo sapiens proche de nous, ils se font sérieusement coiffer au poteau par le tribu plus évoluuée dont vient l'héroïne.

Et alors? Reproche-t-on à Guillaume de Baskerville de n'avoir pas existé? Ce film se présente comme une fiction, pas autre chose, et la naïveté de l'ensemble n'enlève rien au fait que c'est, décidément, toujours aussi touchant 30 ans après... Le voyage initiatique vécu par les trois grands dadais est captivant et la supériorité émotionnelle et intellectuelle d'une femme incarnée avec une énergie phénoménale par Rae Dawn Chong fait plaisir à voir. Surtout que depuis ce film, on a pu voir 10 000, de Roland "Ach!" Emmerich, qui retourne à l'age de pierre des pin-ups à gros seins des films des années 60. La Guerre du feu a au moins tenté une approche, sinon scientifique, au moins sensée, et à la logique comportementale avérée, qui nous conte à sa façon condensée, le merveilleux de l'évolution.

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Published by François Massarelli - dans Groumf