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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 17:02

1903: La famille Smith vit à St Louis, Missouri; la ville se prépare à accueillir une exposition universelle afin de fêter le centième anniversaire de l'achat de la Louisiane par le président Jefferson. Mme Smith (Mary Astor) et ses cinq enfants vivent leur insouciante vie de tous les jours: éudes, sorties, et surtout pour Esther (Judy Garland) et Rose (Lucille Bremmer), les garçons. Rose "se fait vieille", Esther dixit, et cette dernière a de son côté des vues sur John, le "garçon d'à côté" (The boy next door). Tout irait pour le mieux en attendant fébrilement l'exposition qui vient six mois plus tard, s'il n'y avait un détail navrant: le père (Leon Ames) se voit offir un poste prestigieux à New York, il va donc falloir dire adieu à tout cet univers...

Il y a un avant et un après Meet me in St Louis, autant pour Minnelli que pour Judy Garland, que pour le monde de la comédie musicale... Le film est une production spectaculairement éloignée aussi bien des canons de la comédie musicale établis dans les années 30, que des films standardisés qui entremêlent le musical vite fait et la comédie familiale à la MGM depuis la fin des années 30. Judy Garland, à l'exception de The Wizard of Oz, s'est surtout illustrée dans ce dernier genre et va trouver avec cette superproduction fabuleuse une nouvelle opportunité d'évoluer et de faire montre de son talent; quant à Minnelli, c'est son troisième film, et il semble avoir trouvé un style parfait auquel il reviendra occasionnellement. Et surtout, il a tourné un film en couleurs, qui a tout du chef d'oeuvre définitif...

Parallèlement à ce film, tout un pan du cinéma des années 40 va aussi revenir à cette période du début du vingtième siècle: Walsh tourne The Strawberry Blonde (1941) et Gentleman Jim (1942) à la Warner; Lubitsch sort son fantastique Heaven can wait en 1943. Michael Curtiz reviendra à la charge avec Life with father en 1947. Mais Meet me in St Louis semble trôner au milieu de tout ça, affirmant avec génie une sorte de croyance en une éternité du bonheur, à la portée de la main pour toute personne en ce début de siècle. Peu importe, paradoxalement, que nous sachions aujourd'hui ce que Minnelli et son équipe savaient en leur temps, que le bonheur est de courte durée, et que le monde ne tourne pas vraiment rond... le film nous invite avec esprit à profiter du moment, et le fait d'une manière définitive... Les chansons, intégrées finement à l'action, sont autant de chefs d'oeuvres: The trolley song, The boy next door (Martin/Blane), servent essentiellement l'intrigue sentimentale autour du personnage d'Esther (Judy Garland); Have yourself a merry little Christmas (Martin/Blane) sert de point d'orgue au drame familial de la nécessité de déménager, mal vécue par tous les enfants de la maison; le film utilise aussi d'un grand nombre de chansons et d'airs d'époque pour se glisser dans la période. le plus évident, servant de fil rouge, est Meet me in St Louis, Louis (Mills/Sterling): la chanson a été justement écrite afin de marquer l'année de l'exposition.

On verra, à la fin, un peu de la fameuse foire tant attendue par toutes et tous. Mais la caméra s'éloigne afin de laisser les Smith et leurs amis profiter tranquielles de cette célébration. Au mmoment ou le film se finit, les lumières de la foire s'allument, sur une impression d'éternité à portée de la main... Film familial par essence, narration prenante et irrésistible, il n'y a pas à tergiverser: c'est l'un des meilleurs films de Minnelli, et ça ne vieillira jamais...

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Published by François Massarelli - dans Vincente Minnelli