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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 09:54

J'aime bien Michael Mann, mais il y des défauts irrémédiables dans son style: un metteur en scène qui a "grandi" dans les années 80 a forcément retenu de l'esbroufe alors en vigueur des scories, des sales manies qui viennent empoisonner ses films. c'était particulièrement le cas dans le par ailleurs excellent Manhunter, en 1986, mais il avait eu tendance à se débarrasser de ses sales habitudes (Musique FM des années 80, ralenti pourri, ambiance bleu électrique, plans d'immeubles illuminés la nuit avec saxophone alto + écho en fond sonore...) dans des films aussi importants que Heat, The insider ou le délectable The last of the mohicans. Et bien sur, son Collateral tourné depuis était un film parfait.

Mais chassez le naturel, il revient avec un turbo: inspiré par une série télé dont il a réalisé quelques épisodes en 1983, Mann revisite avec ce film ce qui faisait alors l'essence du polar, et ce pendant les 35 premières minutes: deux flics, aimant les grosses bagnoles, font en permanence le concours de celui qui a la plus grosse paire de testicules: c'est Colin Farrell qui gagne, forcément: 42 kilos l'unité (Ca le gène même pour marcher). Ils font du bateau (vitesse!), ils vont en boite (frisson), ils arrêtent des truands (Motherfucker!) et puis ils entrent dans une drôle de zone de turbulence et doivent incarner des trafiquants de drogue, et là le film bascule vers quelque chose d'autre; l'alliance de deux contraires, comme Collateral avec son tueur et son chauffeur de taxi, ou Heat avec son truand et son flic: les contraires, ce sont Jamie Foxx l'inquiet et Colin Farrell le couillu, mais aussi Colin Farrell le flic et Gong Li la trafiquante. Le film mélange à loisir le bien et le mal, met à mal ses surhommes (Jamie Foxx en particulier, qui sait à merveille jouer la fragilité) et du coup on est dans une oeuvre beaucoup plus attachante, mais avec des fusillades (Dans lesquelles tout le monde se confond, les limites sont constamment brouillées). Hélas! Une chanson de Phil Collins (Pouah), et les filtres bleus utilisés lors de la plupart des scènes ainsi que la brouette que Colin Farrell doit trainer avec lui pour trimballer son encombrant paquet nous rappellent parfois qu'on est en 1983, et que je conserve des réserves sur ce film.

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Published by François Massarelli - dans Michael Mann