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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 17:11
Piranha (Joe Dante, 1978)

Deux adolescents ont l'idée saugrenue de se baigner dans des cuves abandonnées d'un ancien terrain de recherches autrefois détenu par l'armée. C'est une mauvaise idée, car les mirlitaires y développaient (Mais pourquoi, grands dieux?) une race de piranhas qui pouvaient indifféremment passer de l'eau douce à l'eau salée. Suite à l'intervention inopinée d'un agent d'assurances qui enquête sur leur disparition, les piranhas sont relâchés, et n'ont plus comme but que de rejoindre le large, en passant par tous les cours d'eaux possibles. Le fait qu'il y ait de nombreux enfants dans l'eau, ne les gêne pas, au contraire...

Vers le début de ce petit film, en fait au début de la deuxième scène après l'exposition contenant deux ados qui se font joyeusement bouffer, l'héroïne du film trompe son ennui en jouant à un jeu d'arcade: Jaws, dans lequel des requins mangent d'innocents plongeurs... Une façon de signaler à toute personne désireuse de renvoyer Corman et Dante, respectivement producteur et réalisateur de ce film à leur statut de plagieurs du film spectaculaire de Spielberg, que c'est parfaitement assumé. Du reste, quelques minutes auparavant, Dante n'a pas pu s'empêcher de commencer le film sur une vision de barbelés menaçants qui font lourdement penser au premier plan ("No trespassing") de Citizen Kane, et dans la séquence de baignade qui s'ensuit, l'un des protagonistes parle de Creature of the black lagoon, de Jack Arnold! Donc pour sa première réalisation en solo, dante signe une bonne fois pour toutes son film sous le triple patronage du petit génie de la débrouille du moment, d'un certain pan "noble" du cinéma d'épouvante, et d'un grand nom, respecté et reconnu, de l'histoire du cinéma...

Gonflé, sans doute, mais Dante n'a jamais été simplement un faiseur du cinéma de série Z, contrairement à Corman: auteur, il se situe en droite ligne de ces autres amoureux du cinéma. Que ceci soit son premier vrai film (Les précédents étaient des co-réalisations) importe peu, il sait déjà comment faire un vrai film avec trois bouts de ficelle. Et même si la tâche est ingrate (Piquer un maximum d'idées à Jaws, et en profiter pour placer un maximum de poursuites en voiture, et un peu de plans de filles qui se dénudent pour faire bonne mesure), il réussit à s'en tirer en distillant l'humour avec générosité... Ce film a donc réussi, non seulement à inaugurer la carrière d'un metteur en scène que nombreux parmi ses admirateurs tiennet pour un génie, mais aussi à échapper à la malheureuse destinée de tant de films Corman, celle de n'être que de médiocres plaisirs coupables.

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Published by François Massarelli - dans Joe Dante Science-fiction