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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 14:44
The Bowery (Raoul Walsh, 1933)

Dès le début, on sent, on sait qu'on tient un film exceptionnel: la façon dont Walsh choisit de mettre le spectateur au coeur de ce qu'il veut lui montrer, la qualité joviale de la reconstitution du New York de 1900, et le ton volontiers vulgaire, voire limite grossier, du film, nous plongent de façon inéluctable dans le petit peuple des coins les moins fréquentables la grosse pomme: l'histoire montre la rivalité entre deux hommes aux moeurs légères (l'un admet vivre du jeu, l'autre tient un bar dont les activités restent dans le cadre de la loi, mais bon, on a vu des métiers plus franchement moraux.); la rivalité tient à peu de choses: ils ont chacun leur équipe de pompiers volontaires (payés au sauvetage, le premier incendie venu donne lieu à des bagarres), ils sont managers de boxeurs, ils luttent également pour le titre d'homme le plus populaire du Bowery, et bientôt, une femme se met entre eux: Lucy est hébergée par Chuck, mais aimée par Steve...

Walsh, grand conteur, se laisse aller à son plaisir, et ça se sent; les acteurs qu'ils a convoqués n'ont jamais été aussi bons, et ne le seront jamais plus: Fay Wray, la "Scream Queen" de King Kong, joue Lucy, et Wallace Beery et George Raft se disputent ses faveurs. le film est plongé dans un bain cosmmopolite de la plus belle eau, dans lequel on appelle un chat un chat, contrairement aux films de la Warner qui évitaient de nommer les ethnies à l'époque, les Chinois, les Italiens, Les Juifs, les Irlandais, ici tout le monde est typé, mais vit en bonne intelligence avec son voisin. La prostitution, la débrouille, les combines, tout est bon, et on est en droit de douter de la légalité du péage de la main à la main, réclamé par les policiers, sur le Brooklyn Bridge alors récemment construit... On voit d'ailleurs très peu la police, occupée ailleurs...

On devrait pouvoir voir ce film plus souvent, ce serait un plaisir, comme d'ailleurs ses petits frères, Regeneration (1915), premier film de gangsters de Walsh, dans lequel il se remémore sa vie à New York, The Roaring Twenties (1939), sur le passage des années 20, et l'adorable Strawberry Blonde (1941), sur la naissance du siècle. Grand connaisseur, et admirateur de Walsh, Scorsese lui a piqué l'anecdote des pompiers pour son Gangs of New-York.

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Published by François Massarelli - dans Raoul Walsh