Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 16:14
They were expendable (John Ford, 1945)

Ford revenait après trois ans d'absence au cinéma avec ce film, tourné pour la MGM. Il est sorti en décembre 1945, soit à peine quelques mois avant la fin des conflits liés à la seconde guerre mondiale. They were expendable se limite à un aspect de la guerre, celui de la bataille des Philippines, qui commence tout de suite après l'attaque sur Pearl Harbor, et se déroule jusqu'à mai 1942. Les héros en sont des capitaines de vedettes-torpilleurs, des petits bateaux aisément manoeuvrables, mais limités à des attaques ciblées essentiellement pour défendre les côtes, et dont l'armement n'était pas très lourd: des moustiques, en quelque sorte, mais dont les piqures étaient parfois nécessaires. On suit donc les tribulations des lieutenants Brickley (Robert Montgomery) et Ryan (John Wayne), qui mènent des escarmouches, et vont vite devoir se rendre à l'inéluctable: les Philippines vont progressivement tomber sous la coupe du Japon.

Ford sortait de trois ans de services rendus à la nation, avec le service cinématographique, tout comme Robert Montgomery qui avait précisément servi dans le même corps de marine, et fait le même travail, que les héros du film... Le scénario, signé de l'officier en retraite Frank "Spig" Wead, faisait retourner ce dernier à un sujet militaire, et les trois hommes sont d'ailleurs mentionnés au générique avec leurs distinctions militaires. Mais pas de cocardisme triomphant dans ce film, qui s'il n'a rien d'un brulot antimilitariste, a au moins le mérite de se parer d'un réalisme très impressionnant. Et cette fois, il s'agit de fait de chanter les louanges des obscurs, des sans-grades, à travers l'évocation des moments de plus en plus incertains au fur et à mesure que le film progresse. Quant il se termine, il nous dépeint d'ailleurs une situation inachevée...

Mais Ford n'est finalement jamais aussi à l'aise que lorsqu'il doit peindre une situation noire avec un mélange explosif de pudeur et d'émotions, d'où la réussite inévitable de ce film, tourné d'ailleurs en famille: on reconnaitra les habituels Russell Simpson, Ward Bond et Jack Pennick auprès des personnages principaux; Et la situation, celle de soldats en proie à un destin difficile, arrivés au bout de la course, sera reprise dans certains aspects des films de la cavalerie qui termineront la décennie. Disons que le film le plus proche de l'esprit de celui-ci dans la canon Fordien est sans doute She wore a yellow ribbon, avec l'incapacité dans laquelle Wayne se trouve de faire table rase de son temps passé dans l'armée. c'est bien sur ironique dans la mesure ou Ford a été parait-il exécrable avec l'acteur dans la mesure ou celui-ci ne s'était pas engagé... They were expendable est aussi notable pour deux points: d'une part, Ford y a confié les rênes du film, lors d'une incapacité de tourner, à Montgomery, qui est ainsi devenu réalisateur; d'autre part, Ford qui l'a tourné dans l'urgence n'en faisait aucun cas, estimant que c'était du pur produit de propagande, avant que Lindsay Anderson ne lui fasse voir raison. Chapeau!

Partager cet article

Repost 0
Published by François Massarelli - dans John Ford