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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 13:50

C'est curieux de voir à quel point ce film, pourtant servi par des personnalités de premier plan, et non des moindres, n'a pas bonne presse... C'est vrai qu'aujourd'hui on tend à préférer les films antérieurs de Claudette Colbert, et les films postérieurs de James Stewart. Et Van Dyke, qui toute sa carrière a mérité le surnom de One-take Woody, car il tâchait toujours de ne faire qu'une prise de chaque plan, ce qui le rendait systématiquement efficace, est toujours plus ou moins soupçonné de bâcler ses films, ce qu'on pourrait accuser John Ford (Qui l'a d'ailleurs souvent fait, et sciemment) d'avoir fait aussi... Les hypothèses pour expliquer ce désamour persistant sont nombreuses: Le mélange des genres? Un James Stewart pas vraiment conforme à l'idée qu'on se fait de lui? L'idée fausse que Van Dyke n'était pas doué pour la comédie? des soucis de vraisemblance dans le scénario? une année particulièrement encombrée en matière de films importants ce qui expliquerait qu'on soit particulièrement exigeant?

Le film nous conte une intrigue qui est d'abord celle d'un film policier: un milliardaire récemment marié est soupçonné du meurtre de sa maîtresse, mais c'est précisément un piège organisé par sa nouvelle épouse qui n'attend rien d'autre que l'exécution de son cher époux pour rafler la mise. Un détective, Guy Johnson (James Stewart), un détective assigné à la protection du milliardaire, se doute qu'il y a une machination derrière tout cela, et bien qu'il soit lui aussi en état d'arrestation pour avoir tenté d'aider son employeur à fuir, s'évade dans le but de prouver l'innocence de son client. Il va faire une rencontre, qui va être déterminante bien sur, celle d'une femme, Edwina Corday (Claudette Colbert), poétesse farfelue, qui tombera très vite amoureuse de lui, et va tout faire pour l'aider... Provoquant quelquefois des catastrophes...

La star du film, si on en croit l'ordre dans lequel les noms sont mentionnés au générique, c'est bien sur Claudette Colbert, et Stewart était encore dans ses années d'apprentissage. Ce dernier avait déjà tourné avec Van Dyke, et interprète ici un rôle de détective dur et pas vraiment sympathique, mais le film va vite, et on apprécie assez rapidement le personnage, d'autant que Edwina Corday est une gaffeuse de première! Par contre, la rapidité avec laquelle le personnage formule des intuitions qu'il me semble malaisé à motiver, et qui correspondent point par point à la réalité de l'affaire, est parfois embarrassante. Van Dyke, qui avait l'habitude avec sa série des "Thin man" (Dont il a réalisé quatre des six films) de mélanger adroitement intrigue policière et comédie farfelue, semble avoir ici trouvé la bonne formule dans ce film: la première demi-heure expose toute l'intrigue, les personnages et leurs rapports, permettant aux deux tiers restants de plonger avec bonheur dans le loufoque. On retiendra en particulier les séquences dans lesquelles Stewart se déguise en scout myope, ou il est assez proche d'un Cary Grant. Et le casting est celui d'une comédie, avec en particulier l'aide de Edgar Kennedy, et de Guy Kibbee, deux spécialistes du genre. Le film est séduisant, avec sa situation qui n'est pas sans rappeler une sorte de It happened one night qui serait mâtiné de The 39 steps, et ça, franchement, c'est quand même une bonne incitation à vouloir voir ce film... non?

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Published by François Massarelli - dans Comédie