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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 10:15

The insider est inspiré de faits réels: licencié d'un poste doré dans l'industrie du tabac, un scientifique scrupuleux, Jeffrey Wigand (Russell Crowe), est prêt à faire des révélations sur les mensonges de ses ex-patrons, et donner une interview dans la prestigieuse émission de CBS news, 60 minutes. Pour l'occasion, il est caché par Lowell Bergman, le producteur de l'émission (Al Pacino). Evidemment, le parcours va être semé d'embûches, avec des menaces de mort anonymes à l'égard de Wigand et sa famille, les menaces légales diverses, grâce aux armées d'avocats dont dispose la puissante industrie du tabac, mais aussi des menaces internes à CBS qui craint les éventuelles retombées judiciaires, et une menace importante sur Wigand dont l'épouse Liane (Diane Venora) n'est pas prête à assumer la pression qui pèse sur elle, son mari, et leurs deux filles...

Du début à la fin, Mann a choisi de tourner son film comme un thriller d'action, en prenant au départ deux intrigues qui vont se rejoindre au bout d'une vingtaine de minutes: d'un côté le quotidien parfois extraordinaire des producteurs d'une émission d'investigation pointue, qui amènent parfois un vieux renard de journaliste comme Bergman à rencontrer un terroriste pour préparer une interview dans des conditions plus que dangereuses, de l'autre le couperet du licenciement sur l'instable et souvent mal-à-l'aise Wigand. C'est lorsque Bergman va fouiner dans l'industrie du tabac, qu'il aimerait tant afficher à son tableau de chasse, que les deux fils vont pouvoir se nouer ensemble. Et comme Mann l'a déjà fait avec Heat, l'histoire est beaucoup une confrontation, entre deux hommes que la vie a rassemblé, mais qui n'ont pas grand chose pour être copains, mais aussi entre deux univers qui n'ont rien en commun: le quotidien de Wigand est fait de renoncements, de retranchements, et de lutte contre tout ce qu'il a en lui: une certaine violence devant toute contrariété, l'instabilité émotionnelle, alors que Wigand est un fonceur, qui aime à provoquer le conflit dans sa recherche de la vérité... Ou du spectaculaire. Mann reprend d'ailleurs l'idée de Heat, de souligner chez les deux hommes, par leur quotidien, la différence entre eux: l'un (Bergman) est ancré dans son mariage solide, bien que ce ne soit pas le premier, l'autre (Wigand) est encore en lutte pour se faire accepter par son épouse après des années erratiques. La confrontation fera, bien sur, des étincelles.

Très vite, on s'en rendra compte, l'industrie du tabac n'est plus qu'un prétexte pour démonter point par point les stratégies, de la presse comme des compagnies, légales ou illégales, transparentes comme manipulatrices. La menace sur Wigand est filmée comme dans un film policier, par un metteur en scène sur de ses effets et de sa technique, et c'est du grand art. Les acteurs sont bien plus sobres que dans les autres films de Mann, ce qui est un atout (Pas de fusillade géante ici, ça change un peu, pourrait-on dire!), et même Pacino réussit à se retenir, ce qui est plus que notable! Plongée intégrale dans un monde de corruption, de manoeuvres et de manipulation en tous genres, The insider est un film fascinant sur les mécanismes de l'information, un grand drame humain, qui ne peut pas laisser indifférent.

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Published by François Massarelli - dans Michael Mann