Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 16:49

Le scénariste génial de The Truman Show (Peter Weir, 1998), et réalisateur célébré de Gattaca (1997) a bien grandi, et il continue à explorer des voies inédites de la science-fiction, tout en décrivant avec un certain talent notre monde dans toute sa splendeur... Voulez-vous savoir pourquoi vous n'êtes pas riches? Parce qu'il faut bien que certains le soient à votre place. Et si le temps était de l'argent, ce ne serait que bien plus vrai encore. Avec deux nouveaux Bonnie and Clyde qui n'auraient pas besoin de mourir, Niccol renouvelle le cinéma à vocation sociale, et le fait avec des poursuites en voiture! Bien sur il sera assez facile de déceler ce que son cinéma a de fabriqué tant le metteur en scène aime à se reposer sur des gimmicks, et le fait d'ailleurs avec une certaine constance de film en film. Mais lui, contrairement à Nolan, ne se prend pas pour un génie, et utilise un concept simple (Comme le principe du héros de série inconscient de ce qui se passe autour de lui) comme point de départ, sans jamais perdre son public. Sa mise en scène s'attache à des personnages dont le but es clairement identifié, et comme on est dans un cinéma de genre par excellence, le film présente son lot de scènes gratifiantes...

Le concept de In time (Time out selon le titre Français...) est une fois de plus simple et respecté à la lettre dans tous ses développements: dans un futur proche et hypothétique, l'argent a été remplacé par du temps: le corps s'arrête de vieillir à 25 ans, mais une pendule se met en route, qu'il fait alimenter au fur et à mesure, mais si on ne fait rien, l'arrivée à 0 tue immédiatement l'humain... Et certains ont eu les moyens d'accumuler une fortune (Et donc d 'être virtuellement immortels), alors que d'autres vivent le plus souvent avec un crédit d'une heure, et sont habitués à croiser les cadavres de ceux dont l'horloge a fini sa course... Le système est savamment entretenu par les puissants de façon à ce que les zones soient aussi hermétiques que possible, et qu'ils soit toujours lus difficile de changer de classe sociale, pardon, de zone temporelle. C'est ce que va vérifier Will Salas, un jeune homme qui un jour sauve la mise d'un riche oisif qui se promène dans la zone avec une centaine d'années de crédit au compteur, et une folle envie de se suicider: Will se réveille avec une fortune au compteur et les policiers aux trousses, il va alors tenter de passer de l'autre côté.

Le darwinisme est ici repensé en fonction de cette notion de temps, mais le réalisateur dénonce, naïvement ne manqueront pas de dire les uns et les autres mais c'est un conte après tout, une société qui fonctionne selon des règles établies par ceux qui en profiteront le plus... son film peut être vu, bien sur, comme un divertissement, ce qu'il est sans aucun doute, mais il est satisfaisant de voir qu'un cinéaste parle, à sa façon, et avec humour en plus, d'une situation d'inégalité établie, pensée et en apparence immuable, et balance là-dedans deux robins de bois beaux comme des dieux, irréels, et soyons francs, qu'on suivrait jusqu'au bout du monde: Justin Timberlake et Amanda Seyfried. On peut adhérer à ce film rafraîchissant qui nous rappelle que le monde est malade de ses inégalités, ou... aller se faire voir chez les Grecs.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Andrew Niccol Science-fiction