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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 18:15
The bridges of Madison County (Clint Eastwood, 1995)

Ce n'est ni un film sur l'adultère, ni un film qui le condamne... Mais qu'est-ce que c'est alors? Un étrange exercice inattendu, mais si proche du coeur de son metteur en scène que je me demande comment il peut encore y avoir tant de fans du metteur en scène qui détestent ce film... Encore des nostalgique d'harry Callahan, sans doute! Car pour moi le film est l'un des plus Eastwoodiens qui soient. Il l'habite de toute sa stature, y a mis énormément de lui-même, jusqu'à y entamer une courte mais intense idylle avec sa co-star, rien que ça, et le film est constamment empreint d'une douce et amère vérité, d'un parfum d'amour maudit qui lui sied si bien... Cette histoire commence sous des auspices un peu rabâchés: une femme est décédée, ses enfants viennent pour mettre ses affaires en ordre, et trouvent un secret lourd et inattendu: lors d'une escapade du reste de la famille, Francesca (Meryl Streep) a eu une aventure, et ces quatre jours se sont avérés si intense, qu'elle ne s'en est jamais remise. Bien sur, elle a fait comme si de rien n'était, elle a gardé sa position de parfaite ménagère et sa complicité avec son mari Richard n'a pas eu à souffrir de ce qu'il n'a jamais su... Mais elle a aimé Robert Kincaid (Clint Eastwood), le beau photographe aux cheveux poivre et sel qui était simplement venu pour capturer la beauté simple des ponts couverts de l'Iowa, jusqu'à son dernier souffle, même si elle ne l'a jamais revu...

Dans un exercice de narration convenu mais efficace, Eastwood nous montre comment le fils et la fille de Francesca apprennent, intègrent, commentent et finissent par accepter l'histoire, puis comment elle va avoir des conséquences sur leurs propres relations. Mais ce qui nous importe, c'est le récit au plus près des corps, des mains, des visages, des doigts, des rides, 'est la façon dont deux acteurs, essentiellement, font le vide autour d'eux, et par leur habilité à jouer la comédie, nous invitent dans un dialogue amoureux destiné à mourir de sa belle mort, ais auquel ils croient 96 heures durant... Et nous aussi. Profondément romantique et basé sur le détail, la façon dont une main frôle un genou, dont l'espoir le plus absurde naît d'un geste, d'un regard ou d'une opportunité qui n'a rien de scabreux, le film n'a pas son pareil pour faire passer ce qui est techniquement, effectivement, un adultère, pour une simple histoire d'amour. Eastwood se met à genoux, et capte à merveille aussi bien une femme face à la cruauté du dilemme, qu'un homme face à la chance de sa vie. Dans un mélange fascinant de pudeur et de passion, sous la pluie, e drame le plus navrant se joue sous nos yeux.

Eastwood a mis beaucoup de lui-même dans le personnage de séducteur venu de nulle part, et n'hésite pas à montrer sa faiblesse, son ingénuité même. Mais c'est à coup de références à sa propre vie de bohème et sa passion de la liberté absolue, avec le jazz et le blues, avec sa culture aussi que Kincaid conquiert Francesca... Eastwood n'avait pas envisagé de se confier le premier rôle du film, on ne peut que se réjouir, tant l'alchimie entre les deux est réussie...

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood