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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 16:32

Avec son quatrième film (Situé entre Hara Kiri, son adaptation de Mme Butterfly tournée en 1919 et Das wanderne Bild de 1920) Fritz Lang abat ses cartes: il aime furieusement le serial, en particulier les films de Feuillade dont Fantômas et Les Vampires l'ont sérieusement tourneboulé, et il entend bien y puiser les épices secrètes d'un cinéma cher à son coeur... C'est ça, et seulement ça, qu'il fait aujourd'hui aller chercher dans ce film en deux épisodes. ...Qui a bien failli en avoir plus, car lang avait déjà la matière pour aller jusqu'à quatre! Mais le destin et les studios en ont décidé autrement... L'intrigue fort rocambolesque de ce film d'aventures de taille respectable (Les deux épisodes forment presque un film de trois heures) part d'une rivalité d'abord sportive entre l'aventurier Kay Hoog, sorte de pré-Indiana Jones qui ne serait, lui, pas professeur à l'université, mais plutôt richissime play-boy surtout intéressé par le sport, et dans l'autre camp Lio Cha, la mystérieuse intrigante qui mène une bande de brigands internationaux, les Araignées, qui lui obéissent au doigt et à l'oeil... Leurs aventures les emmènent des Etats-Unis au Pérou, puis en Inde en passant par Chinatown.

Les Araignées, comme une certain groupe de vampires, aiment à s'habiller en collant noir... Et Lio Cha est clairement inspirée directement d'Irma Vep. Mais ce qui frappe, dans ces deux films de jeunesse, c'est de voir que Lang a contrairement à Feuillade, tout préparé: les films Gaumont du metteur en scène Français étaient le plus souvent improvisés d'un épisode à l'autre, et les personnages y développaient en fonction des besoins des dons extraordinaires... Mais dans Les Araignées, cette impression de joyeux bazar est en réalité programmée. Et Lang de se révéler un peu plus en montrant son obsession pour les souterrains, égouts, grottes, et autres passages secrets... On ne se refait pas, on le sait, et tous ces trous resteront une ressource constante de son oeuvre jusqu'à la fin. Mais au-delà de cet intérêt archéologique, on peut quand même trouver à redire en matière de clarté, de continuité, voire de portée tout simplement. Lang n'allait pas tarder à prouver qu'il avait mieux à dire et mieux à faire qu'un travail d'imitation.

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Published by François Massarelli - dans Muet Fritz Lang Cinéma allemand 1919