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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 09:33

Le sixième long métrage d'animation des studios Aardman prend sa source dans une série d'animation pour la télévision Britannique, qui est elle-même une petite merveille... Mais Shaun the sheep, en réalité, est un spin-off. Rappelons-nous la fin du moyen métrage Wallace & Gromit: A close shave, de Nick Park (1995): un mouton plus intelligent que ses congénères fait son apparition, et Wallace le baptise Shaun... Mais cette série évolue dans un autre univers, toujours aussi Britannique, dans lequel Shaun est le mouton qui mène par son intelligence le troupeau d'une petite ferme, sous la responsabilité d'un fermier, lui, pas vraiment intelligent! Ces aventures qui ne dépassent pas une dizaine de minutes sont remarquables pour leur humour muet, basé sur une observation tendre du quotidien de la petite ferme... Pourtant, le film quitte justement cet environnement bucolique pour amener Shaun et sa troupe (Les moutons, mais aussi le chien Bitzer, et bien sur le fermier improbablement humain) dans une grande ville, qui s'appelle justement The Big City.

Le film commence par une évocation de la jeunesse de Shaun et Bitzer, nés à la même période, et leurs débuts dans la vie semblent marqués par une camaraderie, et une joie de vivre, qui fait défaut avec le temps: la routine s'est installée, et les moutons ne supportent plus leur fermier. Shaun se dit qu'il serait bon de pouvoir se reposer, il imagine un stratagème, par lequel les moutons endorment leur fermier, le posent dans une caravane, et prennent possession de la maison... Mais ça va être un fiasco, d'autant que la caravane part toute seule avec l'infortuné fermier, vers la grande ville... Où les moutons vont se rendre pour le récupérer, mais ça ne va pas être facile: il est amnésique, suite à un accident survenu à son réveil, et la ville, où patrouille un dangereux psychopathe de la fourrière, n'est pas un endroit confortable pour une troupe de moutons...

L'animation est impeccable, comment aurait-il pu en être autrement... Mais la mise en scène de ce film obéit d'abord à une série de règles rigoureuses, toute respectées à la lettre: pas de dialogues, juste des borborygmes indicateurs de communication. Les gags s'enchaînent à un rythme soutenu, sans pour autant étouffer le spectateur, et l'humour y est multiple: de situation, d'observation, jamais vulgaire, toujours inventif. L'impression d'assister à un concentré d'Angleterre, qui fait le charme des films du studio depuis les années 90, est toujours là, sans aucun des clichés du genre: contrairement à Wallace & Gromit, Shaun le campagnard vit dans l'Angleterre d'aujourd'hui, et le film se moque gentiment de nos travers actuels, avec tendresse mais impitoyablement! Et surtout le film est visuel, comme les burlesques muets, comme les films de Tati, et c'est un bonheur, qui plus est à partager en famille... Bref, une merveille.

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Published by François Massarelli - dans Animation