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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 16:11
The wings of eagles (John Ford, 1956)

Des hauts et des bas... Dans les années 50, Ford n'a plus rien à prouver, d'où la profusion de films, certains bons voire exceptionnels, d'autres franchement médiocres... Celui-ci, tourné pour la MGM, ne fait partie ni des premiers, ni des autres: c'est un film personnel, d'autant qu'il s'agit de la biographie d'un copain et que Ford fait (presque) partie des personnages, et aussi parce que le rôle principal est tenu par John Wayne, marié à Maureen O'Hara... Le sujet, bien sur, est la vie de Frank 'Spig' Wead, un marin/aviateur qui a presque participé à la seconde guerre mondiale, inventé de façon sporadique des trucs intéressants pour moderniser l'utilisation des porte-avions, décroché quelques records non négligeables, écrit des romans, nouvelles, et bien sur quelques scénarios dont un certain nombre pour John Ford, appelé John Dodge (Ward Bons, saisissant de ressemblance)... Mais au final, à la fin de sa vie, il ressent surtout une frustration terrible, celle d'avoir été le bon homme, oui, mais au mauvais moment: trop jeune pour participer au premier conflit et servir son pays, trop vieux et trop abîmé par un spectaculaire accident qui l'a longtemps laissé paralysé, pour servir lors de la seconde guerre mondiale, pendant que ses copains montaient en grade ou mouraient en héros... Et trop attaché à sa vie militaire pour être le mari idéal, ce qui l'a forcé à sentir grandir ses deux filles à l'écart, sans parler de la mort traumatique de son fils, âgé de quelques mois seulement...

Ford est toujours à l'aise avec les sentiments, ce qui devient d'ailleurs facile de lui reprocher tellement il a tendance à s'y vautrer. C'est un peu le cas dans ce film qui tient à peu de choses et dont le relâchement certain quant à la chronologie des événements ajoute à son aspect joyeusement foutraque. Mais 'Spig' est bougrement attachant, et dans l'introduction de son double John Dodge, Ford semble lâcher l'une des clés de son propre personnage, ce côté si Irlandais, cette indéfectible nostalgie... En contant l'histoire de celui qui n'a pas assez vécu et se sent désormais mourir dans les regrets, Ford sent quant à lui l'effet du temps qui passe trop vite, à plus forte raison quand on a vécu intensément. Et s'il y a bien un metteur en scène qui a vécu intensément, c'est sans aucun doute John Ford... Ce portrait de Frank Wead est un portrait en creux de John Ford, le plus personnel sans doute. Alors avec ou sans défauts, tant pis, on prend! ... Et il y a Maureen O'Hara, alors...

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Published by François Massarelli - dans John Ford