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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 18:00

Des êtres en errance, entre deux feux, entre par exemple la "frontière" et la paix (Stagecoach), entre une guerre ratée et le risque de se faire massacrer par des Comanches en révolte (The searchers), entre l'arrivée dans l'ouest et la lutte politique (The man who shot Liberty Valance)... Ford a passé sa vie et sa carrière à raconter ce genre d'histoires, finalement, alors comment s'étonner qu'avec une petite production personnelle comme ce film (Sous la bannière d'Argosy Pictures qu'il vient de créer avec Merian C. Cooper), il revienne à ce thème? Il en profite aussi pour montrer son attachement romantique à ces histoires de marins, tout en rendant un hommage aussi vibrant que d'habitude à "son" Irlande: le bateau où se situe l'action des trois quarts du film s'appelle le Glencairn, et Thomas Mitchell, Barry Fitzgerald et Arthur Shields y interprètent des marins Irlandais.

Le film oscille en permanence entre comédie picaresque et drame, et Ford a décidé d'adopter un style qui renvoie à ses années Fox au temps du muet, lorsque à partir d'Upstream le cinéaste avait suivi l'exemple de Murnau et intégré le Chiaroscuro dans son style pictural.Avec Gregg Toland à la caméra, le résultat est splendide, bien entendu, bien meilleur en tout cas que ne le sera le style de The fugitive lorsqu'il reviendra à cette tendance (Que certains critiquent fortement dans son oeuvre, Lindsay Anderson le premier). Adaptée de plusieurs pièces de Eugene O'Neill, l'intrigue est essentiellement basée autour des pérégrinations de quelques marins rassemblés sur le même bateau, chacun ayant son histoire. On remarquera en particulier Driscoll, l'Irlandais à forte tête (Thomas Mitchell), l'Américain Yank au destin triste (Ward Bond), l'alcoolique Britannique qui a fui sa famille (Ian Hunter), et enfin les deux marins Suédois John Qualen et John Wayne, ce dernier servant vaguement de fil rouge tant son désir de rentrer au pays est l'objet d'un petit suspense: y parviendra-t-il sans rempiler? John Wayne en marin Suédois (Avec accent, bien sur), c'est bien sur inattendu, et on sent vaguement comme une certaine farce du metteur en scène, qui ne traitera jamais Wayne comme une grande vedette, et lui jouera parfois des tours pendables...

S'il n'est pas un très grand film de John Ford, ce jolie effort au lyrisme parfois un peu pesant reste, au moins, un film totalement personnel, et l'auteur qui vient de triompher avec Stagecoach inaugurait là une série de productions indépendantes qui allaient enrichir son canon de façon intéressante. Tout en montrant avec une grande affection la vie de ces perdants, Ford n'oublie pas de manier l'ironie. Mais sans la moindre méchanceté, juste une forte pointe d'amertume...

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Published by François Massarelli - dans John Ford