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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:54
The hangman (Michael Curtiz, 1959)

Sorti en 1959, ce western de relativement petite envergure fait partie de la fin de la carrière souvent atypique de Michael Curtiz, décédé en 1962, et qui ne s'est pour ainsi dire jamais arrêté de tourner, y compris après son départ des studios Warner pour une carrière freelance. Au milieu d'un ensemble de films disparates, tournés dans de nombreux studios (La Fox pour The Egyptian, la MGM pour Huckleberry Finn, la Paramount pour A breath of scandal, etc), The Hangman (Paramount) brille de tous ses feux, et fait un peu oublier la médiocrité du reste. Le film est riche de questionnement moral, et me semble prouver que Curtiz, y compris au bout de quarante-cinq années de bons et loyaux services dans le médium qu'il s'est choisi, a su rester au fait des nouveaux développements... Plus encore, il le fait sans trahir en rien ses thèmes de prédilection, et en continuant, comme du reste dans ses films noirs, à montrer une vision humaniste et flamboyante, constamment généreuse, de la vie. Et ce qui me semble encore plus intéressant, il le fait aussi en se situant clairement à l'opposé des tendances les pires de la chasse aux sorcières poussiéreuse qui a eu lieu dans le Hollywood du début de la décennie.

Rappelons que le film raconte l'histoire d'un justicier à l'ancienne, droit dans ses bottes et rigide dans ses conceptions, interprété par un Robert Taylor assumant totalement son âge. Il est à la recherche d'un homme qui a commis une erreur de jeunesse, mais dont la population de la ville qui l'a accueilli se porte garante de son intégrité, acquise depuis qu'il s'est installé. Le "Bourreau", comme on l'appelle, n'en a cure, et est bien décidé à trouver, voire acheter, des témoins pour pouvoir arrêter l'homme...

Dans un noir et blanc ultra-classique, Curtiz va droit au bit, et nous fait suivre les pérégrinations d'un héros paradoxal, un jusqu'au-boutiste fascnant mais dont il n'est pas possible un seul instant de douter qu'il puisse effectivement se tromper. Bien sur, c'est l'amour d'une femme (Tina Louise) qui va faire triompher le bien, et tout rentrera dans l'ordre, mais cette critique moralement haute, et impeccablement distrayante sur les 87 minutes du film, est l'une des grandes réussites de Curtiz, et pas seulement de cette fin de carrière.

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Published by François Massarelli - dans Western Michael Curtiz