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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 16:09

Période charnière pour la section animation de la WB sous la houlette de Leon Schlesinger, ces quatre années ont vu le studio se restructurer après le départ de l'immense Fred "Tex" Avery, en particulier grâce aux bons et loyaux services de ses trois réalisateurs vedettes (On disait "Superviseur" à la Warner): Friz Freleng, Chuck Jones et Bob Clampett. Et bien sur les trois ont fait appel aux services de plus en plus lucratifs de LA vedette maison, à savoir le lapin Bugs Bunny. D'autres réalisateurs trainaient leurs guêtres dans les mêmes studios à cette époque, mais ils étaient encore un peu verts (Bob McKimson), moins motivés (Frank Tashlin) voire l'objet d'une méfiance coupable (Art Davis). J'ai déjà évoqué en ces lieux quelques unes des oeuvres majeures du prolifique Friz Freleng, qui va beaucoup contribuer à établir la légende de Bugs. J'évoquerai bientôt l'univers frappé de l'incontrôlable Bob Clampett, donc en attendant voici un petit aperçu, en six films, de la collaboration fructueuse entre Bugs Bunny et Chuck Jones...

Ce qui est frappant dans ces six films, c'est la modernité de l'animation, la liberté du ton, et la variété des sujets évoqués. Il est de bon ton de favoriser une période ultérieure de la filmographie de Jones, mais ici, il tente tout: des décors totalement abstraits (Wackiki wabbit), une variation sur les films d'horreur avec sous-entendus sexuels limite (Hair-Rising hare), une parodie idiotissime de Superman (Super-Rabbit), et les habituelles variations sur le thème de la chasse...

Super-rabbit (1943)

Dans un laboratoire, un scientifique plus qu'excentrique a trouvé la formule de carottes modifiées qui transforment le premier lapin venu en superlapin. Typiquement, le film nous montre Bugs qui non seulement apprécie la cadeau, mais en plus embrasse la cause de la défense du bien avec une belle énergie. Ca ne va pas très loin, mais rien que pour le costume trois fois trop grand, c'est à voir. Et c'est assez indicatif de l'importance contemporaine de Superman, pourtant une création assez récente. Quant à la fin, elle nous rappelle qu'il y a, quelque part, une guerre à gagner, et que les animateurs de la Warner ont été eu aussi mobilisés à leur façon.

Wackiki wabbit (1943)

Variation osée sur le thème du cannibalisme, ce film nous montre deux hommes qui sont naufragés sur une île déserte, sur laquelle un lapin est la seule nourriture possible. Inutile de dire qu'ils vont souffrir... Avec dix ans d'avance sur le fameux studio UPA, Jones rend ses décors totalement abstraits, et ça passe comme une lettre à la poste. Le plus frappant, bien sur, c'est la lutte à mort pour manger, qui rappelle en un peu plus décent, mais à peine, le magnifique What's buzzin' buzzard de Tex Avery sorti la même année, l'un de ses (trop rares) bon films à la MGM! Les personnages sortent aussi du cadre, comme l'un des deux hommes qui commentent les sous-titres idiots du dialogue en langage du Pacifique.

Bugs Bunny and the three bears (1944)

Comme dans la plupart des contes revisités, celui-ci passe son temps à souligner sa condition de narration. Ainsi les trois ours (Une création de Jones qui les réutilisera, en particulier le père interprété par mel Blanc et le fils idiot doublé par Stan Freberg, anticipant sur de nombreuses grandes choses, notamment la rivalité... entre Joe et Averell Dalton dans l'évangile selon Morris et Goscinny) décident ils pour contrer la fin de recréer le conte de Boucle d'Or, mais comme ils utilisent une soupe de carottes, leur visiteur sera bien sur Bugs Bunny. Beaucoup de bonnes choses, mais ce qui est le plus frappant, c'est la façon dont le film va dévier vers le graveleux... Avec une certaine gourmandise.

Hare conditioned (1945)

Bunny est démonstrateur dans un grand magasin: en vitrine, il fait de la figuration pour le rayon des tentes de camping et autres matériels de plein-air. Mais un employé (Un grand costaud, jaunâtre, bref un méchant mémorable) lui destine un autre poste, au rayon... taxidermie. Poursuite, chasse, etc... On note que pour la première fois de sa carrière Bugs Bunny justifie son accent New Yorkais en incarnant un lapin citadin.

Hare tonic (1945)

Elmer n'a pas chassé, mais il ramène un lapin chez lui, et très rapidement, Bugs Bunny déjoue sa tentative de le transformer en civet... Mais il revient, parce qu'il estime que le bonhomme est une cible trop facile, donc à ne pas rater! Gratuitement donc, le lapin lui même motive les deux derniers tiers du dessin animé! Assez anecdotique, avec un petit jeu sur les décors.

Hair-rising hare (1946)

Celui-ci est un classique, bien sur. Superbement animé, il nous montre Bugs aux prises avec un savant fou qui est une magnifique caricature de Peter Lorre, mais aussi un monstre inclassable, sorte de boule de poils géante, qui préfigure en rigolo le terrifiant monstre de l'Id de Forbidden Planet.

...Avec une paire de baskets.

Voilà, ces films à l'animation fluide et inventive nous offrent comme un véritable age d'or, une période durant laquelle d'ailleurs les animateurs n'avaient pas peur de s'écarter des modèles établis: ainsi le lapin de CHuck Jones est il plus petit que celui de Freleng, McKimson et Clampett. Un choix délibéré pour Jones qui aimait opposer Bugs Bunny à des immenses costauds baraqués de partout sauf du cervelet: le monstre rouge cité plus haut, par exemple, ou le grand Nasty Canasta... Et ces six films sont autant de classiques.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes