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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 17:07

L'Herbier a fondé en 1923 le studio Cinégraphic après quelques années passées à Gaumont, et ce film est sa deuxième réalisation pour cette nouvelle enseigne, après un obscur Résurrection d'après TolstoÏ. L'idée maîtresse du film, pour le metteur en scène, était de rassembler les arts afin de célébrer la modernité des pimpantes années 20: L'Inhumaine met donc en scène un scénario de Mac Orlan, des décors signés de Mallet-Stevens, Fernand Léger (Egalement responsable des formes du générique) et Claude Autant-Lara, une musique de Darius Milhaud, et on retrouve dans la distribution la cantatrice Georgette Leblanc, et les ballets Rolf de Maré font une apparition. Du beau monde, donc... Mais on a envie de demander à L'Herbier: c'est bien joli, mais... et le cinéma dans tout ça?

L'intrigue, quoi qu'on en dise, est du pur L'Herbier: une femme, cantatrice célèbre et étoile inaccessible, se meurt d'amour pour un homme qui le lui rend bien, mais aime tellement jouer les insaisissables qu'elle n'oppose que froideur et apparente indifférence à sa cour. Plus grave encore, elle laisse entendre qu'elle va se marier avec un des nombreux prétendants que compte sa "cour"... L'amoureux éconduit, Einar Norsen, va donc agir... On annonce sa mort, dans un spectaculaire accident. Claire Lescot croit avoir touché le fond, mais elle se relève lors d'une prestation houleuse, sabotée par certains des prétendants jaloux... Mais Einar Norsen, l'ingénieur, inventeur et mystificateur, est-il vraiment mort?

Et là, on a envie de répondre qu'on s'en fout, parce que ce scénario ridicule, qui traîne en longueur, et en prime saboté derechef par des acteurs exécrables, et par des trouvailles avant-gardistes dont le sens échappe au commun des mortels. J'aime l'expérimentation cinématographique, les petits films de Man Ray ou Entr'acte de René Clair, voire Un chien Andalou, mais ici la prétention est telle, et l'ennui est si inévitable, que ce n'est tout bonnement plus possible. Et comment croire que Jaque-Catelain, en combinaison de latex bien mou, tout droit sorti d'un épisode de Flash Gordon, soit l'inventeur le plus génial de tous les temps?Comment croire un instant que Georgette Leblanc (la soeur de Maurice, condition indispensable des co-financiers de L'Herbier) soit l'inaccessible vedette?

Incidemment, histoire qu'on s'instruise un peu, je me permets de rajouter qu'hélas, la partition de Darius Milhaud est perdue. Pour le reste...

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Published by François Massarelli - dans Marcel L'Herbier Muet 1923