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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 08:46

Ce tout petit film est bien intrigant, surtout si on le compare aux superproductions ambitieuses de L'Herbier à la même époque. Il est adapté d'une pièce contemporaine, nous dit-on, mais comme ensuite on apprend par le générique que parmi les acteurs se trouvent Jaque-Catelain et Marcelle Pradot, "des théâtres Gaumont", le doute me prend... Et à la vision du film ce doute se confirme: ce court métrage de 16 minutes est selon moi une parodie, assez bien menée, pour ne pas dire une auto-parodie, du mélodrame. Venant du réalisateur de L'homme du large ou de Le diable au coeur c'est assez gonflé, mais les faits son là: il est impossible de prendre ce film au sérieux, mais à aucun moment, le réalisateur ne souligne trop la supercherie, permettant ainsi au spectateur de croire au sérieux de l'entreprise.

L'histoire de cette miniature tourne autour d'un rectangle amoureux et de la bourse, et est menée dans essentiellement deux décors. Le banquier Prévoyan (Gabriel Signoret) est un home d'affaires carnassier, mais dont la faiblesse est d'aimer passionnément une femme qu'il souhaite posséder, la belle Gaby (Eve Francis). Le secrétaire de Prévoyan (Catelain) est quant à lui amoureux aussi de Gaby qui le lui rend bien, mais sa collègue se consume d'amour pour lui (Pradot). Lors d'un coup en bourse particulièrement bien mené, les langues se délient, et le drame des jalousies éclate.

Dans cet étrange film, les figurants (Les lèche-bottes autour du banquier) sont des "acteurs" luxueux: non seulement peut-on reconnaître le fidèle ami de L'Herbier Philippe Hériat, mais les critiques et collègues Léon Moussinac et Louis Delluc se prêtent aussi au jeu. Mais finalement, le plus intéressant du film c'est qu'en 16 minutes bizarre, L'Herbier préfigure un de ses plus grands films, le superbe L'argent, d'après Zola, qui sera réalisé sept ans après.

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel L'Herbier