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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 09:09

Durant l'année 1950, dix films sont sortis avec en vedette Bugs Bunny, désormais star incontournable du studio de Leon Schlesinger. Comme les années précédentes, comme les années suivantes, les trois seuls metteurs en scène de ces films sont Friz Freleng, Chuck Jones et Bob McKimson, et chacun se conforme finalement à son univers.

Le plus prolixe, hélas, est McKimson, qui déçoit, à l'exception de What's up doc: c'est un retour en arrière avec mise en abyme (Oui, un McKimson qui tente de faire dans la subtilité, le concept est osé) dans lequel Bugs Bunny devenu star répond à ses intervieweurs en revenant sur son partenariat avec Elmer Fudd. Pour le reste, les trois autres films (Hurdy-gurdy hare, Hillbilly hare et Bushy hare) sont sans intérêt, à moins qu'on ait envie de revoir le personnage de Gruesome gorilla (Hurdy-gurdy hare), ou qu'on aime vraiment les films à stéréotypes raciaux et culturels limites: Hillbilly hare est comme d'habitude mal animé de bout en bout, et raconte une visite de Bugs dans les monts Ozark, avec des hillbillies tellement peu évolués qu'on se demande comment le film n'a pas été censuré. De même, Bushy hare remplace-t-il le personnage typique de McKimson (Un gros animal baraqué et grossier, par exemple gorille, lion ou bien sur diable de Tasmanie) par un aborigène qui est vaguement plus cousin de l'animal qu'être humain. C'est nul, infect, et encore une fois statique et moche.

De son côté, Freleng continue son style minimaliste, consistant en réalité en une confrontation entre Bugs et Sam. Tout y dépend bien sur de l'univers choisi: la prison dans Big house Bunny (Sam y est le gardien, et Bugs l'unique détenu, destiné donc à s'évader), un bateau dans Mutiny on the Bunny (Sam y est le capitaine solitaire d'un voilier, et engage le lapin de force pour être l'unique équipage), et la Nouvelle Angleterre de 1776, avec la lutte entre les Américains (Bugs Bunny) et les Anglais (Sam) dans Bunker hill Bunny. Ca marche tout seul, la légende des personnages est bien calée, rien de nouveau n'apparaît, mais le contrat, au moins, est rempli.

On ne s'étonnera en revanche pas de trouver dans les films de Chuck Jones plus d'invention de nouveauté voire de mise en danger. Jones (Qui jouera avec un minimalisme réjouissant proche de la lutte Sam-Bugs vue par Freleng, quelques années plus tard dans la fameuse "trilogie") imagine donc des histoires fortement dissemblables, et des situations constamment renouvelées. On retrouve le Bugs apte à défendre son territoire dans Homeless hare, avec la lutte contre un ouvrier qui tente de déloger le lapin pour construire un immeuble en lieu et place de son terrier. Oui, la lutte est forcément inégale... Le petit pingouin "Playboy" revient dans 8 ball Bunny, et à nouveau Bugs doit l'aider à retrouver son chemin. Enfin, The rabbit of Seville est un chef d'oeuvre, avec une façon totalement novatrice pour Jones de retourner, lui aussi, à Elmer Fudd...

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Published by François Massarelli - dans Animation Bugs Bunny Looney Tunes