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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 16:15
James Parrott, 1922-1925

On connait fort bien les carrières de certains acteurs de comédie, dont bien sur Keaton et Chaplin, Laurel avec Hardy, Harry Langdon et bien sur Harold Lloyd. Mais les autres? Certains ont été authentiquement redécouverts, le plus célèbre - et l'un des meilleurs - étant bien sur Charey Chase. De son vrai nom Charles Parrott... A côté, combien de premiers rôles d'un jour, de Max Davidson, de Snub Pollard, de James Parrott... Et notez bien que, acteur chez Hal Roach ou d'autres studios dans des films qui sont un peu passés inaperçus entre 1918 et 1925, Stan Laurel était probablement destiné à ce type d'anonymat, s'il n'avait été considéré comme judicieux de l'allier avec Oliver Hardy...

Pourquoi fut-il décidé que James Parrott, le petit frère de Charles, allait devenir le héros d'une série de courts métrages sous le pseudonyme de "Paul", c'est un mystère insondable. En tout cas, le paradoxe est que la nomination de son grand frère à la direction artistique des studios Hal Roach a permis la chose, et Charles a de plus eu un rôle prépondérant dans la réalisation de plus d'un film. De même, la démission de Charles en 1923 a occasionné un renversement de situation, et à l'exception de quelques films (Dont Are parents pickles?), à partir de 1923, l'unité de "Paul" Parrott est devenue celle de Charley Chase, et James a lui-même tourné un certain nombre de courts métrages avec son frère en vedette (Il a aussi, mais c'est plus connu, présidé aux destinées de Laurel et Hardy, entre 1929 et 1932, tournant entre autres leur premier long métrage).

Après ça, on ne s'étonnera pas qu'ils aient été confondus aussi souvent! Non qu'ils soient si semblables, mais leur univers est à peu près le même (Avec une prédilection pour l'absurde chez James, que Charles ne partageait pas avec le même dosage!) et compte tenu de l'état déplorable des copies, et du peu qu'on sait sur les films, la confusion est à peu près compréhensible... Jusqu'à ce que la compagnie All day entertainment consacre un coffret entier (De quatre DVD) à Charley Chase, dont les copies ont été fournies par des passionnés et autres collectionneurs fous, et spécialistes maniaques... mais la photo choisie pour illustrer la jaquette de cette édition est une photo de James. C'est embarrassant...

Et justement, puisque l'on parle des passionnés de tout poil: c'est à eux qu'on doit la préservation des films de Pollard, Parrott et autres. Pas regardants, ouverts à toutes les formes de comédie, et aussi (Voire surtout) aux moins nobles, ils oeuvrent aujourd'hui pour que tout un pan obscur de l'héritage cinématographique Américain soit préservé. La disparition éventuelle du DVD donnera probablement un rôle accru à des sites comme Youtube, sur lequel un nombre de ces passionnés publient déjà leurs découvertes, dont ces quatre films:

Loose Change (Ray Grey, 1922)

Plus qu'incomplet, celui-ci est réduit à d'incompréhensibles extraits, mais on y sent bien le délire permanent de l'équipe de James Parrott, et le plaisir de surprendre par des images aux limites du surréalisme. Parrott y incarne le fils du patron de la banque.

Watch your wife (Jay Howe, 1923)

Plus complet que le précédent, mais toujours privé d'intertitres, ce film est un festival de déguisements sauvages, d'absurde, et de bizarreries qui prennent du sens lors de la dernière scène qui révèle qu'on a assisté à une représentation théâtrale. Jobyna Ralston se rappelle à notre bon souvenir, elle était la principale co-vedette de Parrott avant de devenir celle de Lloyd.

Shoot straight (Jay Howe, 1923)

Ceui-ci est complet, et a été rendu disponible par le musicien passionné de cinéma muet Ben Model. On y assiste aux efforts de Parrott pour chasser l'écureuil, mais ces petites bêtes sont redoutables. L'apparition de Jobyna Ralston est certes contractuelle, mais c'est toujours mieux que rien...

Are parents pickles? (Gil Pratt, 1925)

Je soupçonne ce film d'avoir été gardé dans les cartons durant une ou deux années. D'une part, chez Roach la compartimentation était sévère, afin de ne pas avoir à verser deux salaires, on était acteur, gagman, scénariste, metteur en scène... mais pas deux fonctions à la fois. Or en 1925, Parrott était devenu metteur en scène à plein temps (Ce qui ne l'empêchait pas d'apparaître sans crédit dans les films de son frère... Mais il n'était sans doute pas payé pour ça) et ce film le met clairement en vedette. D'autre part, Jobyna Ralston était devenue la leading lady à plein temps des films de Harold Lloyd, désormais dégagé de son contrat avec Roach. Quoi qu'il en soit, le film est basé sur ces situations qui font le sel de tant des films Roach: le vendeur d'un produit ans intérêt tente de le placer, ce qui va déclencher un certain nombre de situations glorieusement idiotes. Ajoutons qu'il est ici question de trombone, qu'une scène s'amuse de la manie qu'ont les Américains de cette période prospère de s'organiser en loges de type maçonnique et autres sociétés secrètes (Lloyd, Roach, Laurel, Hardy et Chase en faisaient tous partie, comme en témoignent un nombre impressionnant de leur films), et on verra qu'on y trouve une source fort sympathique de gags...

Voilà, en attendant d'en retrouver d'autres, ce qu'on pouvait dire sur ces petits bouts de films retrouvés. On pourra aussi râler contre l'incurie d'une société qui laisse sciemment des pans de son héritage artistique pourrir ou mourir dans l'indifférence générale. Mais à quoi bon?

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Comédie Hal Roach Muet