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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 14:44
Battle of the century (Clyde Bruckman, 1927)

Ca devait arriver. Tant mieux d'ailleurs: cet article sur un de mes films favoris est obsolète, du moins le deviendra irrémédiablement lorsque aura été rendue publique une restauration du film. En effet, on a retrouvé en juin 2015 la bobine manquante de ce film qui en contenait deux; il ne subsistait donc de la pièce de résistance de The battle of the century, donc, que quatre minutes environ, sauvegardées d'une copie depuis longtemps disparue. On doit aujourd'hui avoir un film à peu près complet, dont j'aimerais bien voir une copie, mais... il va semble-t-il falloir attendre.

Voici donc ce que j'ai à dire sur la version incomplète de 10 minutes et quelques:

Laurel est un boxeur minable, dont le manager Hardy a réussi à négocier un match avec un champion (Noah Young). Devant les problèmes financiers qui suivent l’inévitable nullité de sa prestation, ils conviennent avec un escroc (Eugene Pallette, dans une scène manquante) de récupérer de l’argent en concoctant une escroquerie à l’assurance. Laurel doit glisser sur une peau de banane, mais c’est un livreur de tartes à la crème qui subit l’accident à la place. Le camion sera vidé, et l’anarchie, en même temps que la crème, va s’installer à Roach City…

Remercions Robert Youngson, qui avait une copie du film à sa disposition lorsqu’il préparait une compilation dans les années 60 : il a ainsi pu, sans le savoir, préserver cette séquence d’anthologie (Du même coup, mais il ne le savait pas, il a jeté le reste, perdant du même coup le reste du film !). La scène du combat (6 minutes) est belle aussi, surtout dans le jeu entre le savoir faire carnassier de Noah Young, et l'anarchie lamentable du jeu de Laurel. Mais privées de leur lien naturel, les deux parties s’enchaînent mal. Il faut voir cette impressionnante montée anarchique dans la rigueur de sa construction, le soin maniaque avec lequel les gens s’envoient furieux des projectiles crémeux dans la tête, le calme et la réflexion apporté à chaque lancer de projectile dans la tête, bref, cette bataille du siècle mérite bien son nom. De tous les courts métrages de Laurel et Hardy reposant sur l'accumulation anarchique virant au cauchemar, c'es sans doute le plus beau.

...Tant que j’y pense, il y a une apparition sublime de la grande Anita Garvin, qui glisse sur une tarte, sa robe s’ouvrant en corolle, elle se trouve donc en contact quasi direct avec les restes pâtissiers répandus sur le trottoir, et au lieu de faire des bonds hystériques, elle prend son temps, semblant analyser la situation avec pragmatisme. Quand finalement elle se relève, et tourne au coin de la rue, elle a un geste discret de la jambe, pour se débarrasser de la crème. Sait-elle qu’il ne s’agit que de crème ? En tout cas, c’est de la pantomime de première classe : la crème de la crème!

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Clyde Bruckman Hal Roach Muet