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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 16:47
We faw down (Leo McCarey, 1928)

le dernier court métrage de Laurel et Hardy sorti en 1928 est également le premier film des garçons qui soit signé par Leo McCarey, le quatrième homme: en effet, quatre cinéastes ont plus ou moins revendiqué la paternité du "couplage" entre les deux comédiens. On ne s'étonnera pas qu'Hal Roach, le patron du studio en ait endossé la paternité, même si on doute qu'il ait été aussi perspicace. Stan Laurel a toujours dit avoir été celui qui avait présidé à la décision, mais dans ce cas elle aurait été bien tardive, vu le temps écoulé entre la première rencontre des deux acteurs et la naissance du duo... En tant que directeur général du studio entre 1922 et 1923, le comédien Charles Parrott (Charley Chase donc) avait appelé de ses voeux une association de Laurel avec un autre comédien, croyant avec raison que le génie de Stan se révélerait dans une telle série. Leo McCarey, le plus prestigieux sans doute, est le dernier à avoir revendiqué la paternité du duo. Il faut dire qu'il a été amené à superviser la production de tous les films de 1928, derrière Clyde Bruckman ou James Parrott (jusqu'à 1927, c'est F. Richard Jones qui occupait cette place au studio), et qu'il était aux côtés de Chase un metteur en scène aguerri par ses nombreuses réalisations de courts métrages. Mais je pense qu'il fait attribuer à ses allégations la même importance qu'à celles de Capra clamant qu'il avait "créé" le personnage de Harry Langdon... C'est à dire aucune.

Qu'il ait été un affabulateur opportuniste ne doit pas nous détourner d'une vérité essentielle: Leo McCarey était dans son domaine la crème de la crème. Et les trois films qu'il a réalisés pour l'équipe de Laurel et Hardy sont sacrément bons! Dans celui-ci, il revient à une veine matrimoniale, qu'il avait beaucoup explorée dans ses courts métrages en compagnie de Charley Chase... We faw down est surprenant à la fois par son austérité et son efficacité. Austère, il l’est par l’économie de moyens : après tout, la deuxième partie se situe presque intégralement dans un salon, entre les deux compères et leurs épouses. Alors qu’ils aident deux jeunes femmes dans la rue, Laurel et Hardy se salissent. Ils accompagnent donc leurs deux « conquêtes » chez elles le temps de se sécher ; entre-temps, leurs épouses auxquelles ils avaient prétendu qu’ils iraient au théâtre, sont sorties précipitamment : elles ont appris qu’un incendie avait ravagé le théâtre en question. Dans la rue, elles voient Stan et Oliver, sortant de chez les deux jeunes femmes, en se rhabillant… Voilà pourquoi ensuite, les deux compères ont les plus grandes difficultés du monde à être convaincants lorsque ils racontent leur soirée au théâtre à leurs deux épouses.

Pour sa première vraie mise en scène pour Laurel et Hardy, McCarey ressort toute la science de la comédie de situation telle qu’il l’a pratiquée en symbiose totale avec Chase pendant 3 ans, et ne cherche pas à noyer le poisson: dès le départ, il est question de mentir sciemment, afin de mener des rapports conjugaux aussi sains et agréables que possible. La séquence de Laurel et Hardy chez les deux jeunes femmes présente une scène tournée en plans serrsés, vec Laurel qui craque parce que Kay Deslys flirte un peu trop agressivement avec lui, la scène est longue, mais magistrale. Leo McCarey sera un maître de la screwball comedy, mais il est clair qu’il sait déjà manipuler le graveleux et le rendre acceptable … Sinon,le final du film est tellement drôle qu’il resservira, d’une part, et que je ne vais pas vous le raconter, d’autre part.

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Published by François Massarelli - dans Leo McCarey Laurel & Hardy Hal Roach Muet