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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:47

La vie et "l'oeuvre" de Chuck Barris, né en 1929, un homme qui a surtout brillé, en quelque sorte, par sa carrière de producteur à la télévision Américaine: il y a créé des émissions immensément populaires, mais aussi immensément populistes, surtout des jeux et des télé-crochets qui partaient tous volontiers en cacahuète, permettant aux animateurs de se moquer aussi ouvertement que possible des candidats, choisis surtout pour leur nullité... Mais ce qui a le plus défrayé la chronique lorsque barris a publié son autobiographie, c'est le fait qu'il ait revendiqué avoir commis un certain nombre de meurtres commandités par la C.I.A. Clooney, pour sa première réalisation, choisit de croire Barris (Il n'est pas encore prouvé que ce qu'il avançait sur son "hobby" était vrai) et de donner corps à cette étonnante double carrière...

Pour incarner son anti-héros, Clooney a convié Sam Rockwell, plutôt habitué aux seconds rôles de luxe. Il est splendide, et parfaitement apte à trouver l'énergie paradoxale, le côté excessif (Et fortement cocaïné) du personnage, et n'a pas besoin de chercher très loin pour interpréter son excentricité féroce. Il est accompagné de Drew Barrymore, qui joue Penny, la femme de sa vie paradoxalement, celle qui va plus ou moins permettre au personnage de révéler son humanité. Clooney lui-même choisit d'incarner l'agent de la CIA qui recrute, puis donne des ordres à Barris. On verra aussi, parmi les agents ou autres tueurs, Julia Roberts ou Rutger Hauer, et si on ne cligne pas de l'oeil à ce moment, on verra d'autres acteurs d'Ocean's eleven, dans une apparition éclair: Matt Pitt et Brad Damon.

Il est fort probable que Steven Soderbergh, présent via sa compagnie de production, ait un peu chapeauté Clooney pour sa première réalisation, mais l'essentiel du film provient bien de l'acteur... Il contient un côté foutraque, qui provient surtout de cette envie féroce de faire du cinéma qu'on retrouve dans beaucoup de premiers films. A ce titre, la réalisation en est beaucoup plus "visible", que celle des films suivants de Clooney: il s'est amusé à créer des liens dans les scènes, à l'aide de plans-séquences compliqués et de décors amovibles, a beaucoup utilisé la caméra sur l'épaule, avec brusques mouvements à 180 degrés. Des techniques volontaristes et naïves qui permettent aux acteurs d'être plus en situation, mais qui donnent un côté un peu trop nerveux au film. IL a aussi beaucoup joué sur les notations culturelles vintage pour jouer sur les changements d'époque. C'est un film donc à la fois soigné et un peu mal fichu, ce qui est bien sur un procédé qui ne peut être gagnant...

Et au final, le film interroge, comme tous les films de Clooney, un pan de l'histoire Américaine et de sa civilisation. On voit bien ou il veut en venir en montrant l'étrange odyssée de celui qui va tuer pour la C.I.A. tout en donnant à manger à un public peu regardant une sous-culture qui va les rendre encore plus nigauds! Il y aurait à redire sur la facilité de l'intrigue, pas sur le massage en soi. que Clooney ait décidé de brouiller les pistes en faisant intervenir, à l'imitation des documentaires télévisés, des protagonistes authentiques (Dont très brièvement Barris lui-même, du reste, est finalement tout à son honneur. Son film montre en pus une solide originalité, à l'image du trop rare Rockwell.

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Published by François Massarelli - dans George Clooney