Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 17:16

Et donc, un jour, George Lucas lâcha enfin l'affaire... il était temps, en fait. Parce que je pense que l'auteur de Star Wars était devenu le pire ennemi de ses films, et de ses spectateurs; à force de vouloir réécrire l'histoire à coup de pixels, de vouloir éliminer un à un les obstacles (Acteurs, décors, même idées) qui l'empêchaient de donner sa vision, il s'était mis à tourner certains des pires films de tous les temps (L'infecte deuxième trilogie, de sinistre mémoire) tout en effaçant le souvenir des authentiques premières versions de ses films anciens (De Thx 1138 à Star Wars, tous modifiés de façon parfois indigne, et sans oublier les deux suites de Star wars -Oui, je rappelle que le film de 1977 ne s'appelait pas autrement!- tournées par d'autres). Comme il me semble inutile de parler en long, en large et en travers de l'intrigue de ce nouveau film dans lequel Lucas n'a eu que le droit de se taire, passons en revue les 11 commandements de Star wars, si vous le voulez bien:

*De vrais héros tu inventeras, et humains ils resteront: ça tombe bien, on a ici une relève assurée, avec énergie, et par des relatifs nouveaux venus. D'une certaine façon, Abrams retourne à la source Niponne du premier film en donnant à l'attirail de son héroïne des allures de la tenue de Toshiro Mifune dans Les sept samouraïs... Wait and see.

*De façon dynamique, tu commenceras: pas de course poursuite interrompue par une longue conférence sur les midi-chloriens ou toute autre connerie du genre: on veut que le film commence par de l'action intelligemment menée, et ici, ça démarre fort. Les personnages sont en situation, le décor est superbement campé...

*Ton public, tu gâteras, certes, mais point trop n'en faut: donc, pas d'avalanche d'effets, pas d'excès à ajouter des bestioles dans tous les coins: la juste dose, bien sur!

*Des décors réels, tu utiliseras: à nouveau, on est servi! enfin, pourrait-on dire... C'est vrai, c'est palpable, et il y a du sable... C'est un univers qui nous rappelle tant de souvenirs...

*De discours verbeux sur l'état de lieux des forces du mal, tu t'abstiendras: on a compris... le côté obscur, c'est trop tentant. c'est une motivation qui nous suffit, alors pas de discours, des actes! L'avantage de passer après deux trilogies, chacune basée sur sa propre version du fascisme, c'est que le public n'a pas besoin qu'on le lui explique.

*Un méchant, c'est une nécessité: Kylo Ren, est fasciné par Darth Vader, et en plus, c'est Adam Driver. J'adore Adam Driver! Il prend un plaisir palpable à jouer un héros torturé, dont on apprend très vite l'histoire embarrassante. Du coup, il en est renforcé...

*Tes atouts, tu dispenseras avec parcimonie, mais tu les placeras quand même parce que le public les veut: et si Lucas avait trouvé un moyen de faire revenir Han Solo, Leia, et Luke dans sa deuxième trilogie? Il fallait y penser avant! En attendant, Abrams, lui, il peut. Alors pourquoi s'en priver? Sauf que... non, rien.

*Des suites, tu rendras possibles, et ça, bien sur, il fallait se rendre à l'évidence. C'est prévu, et c'est plutôt bien fait. Tant mieux, tant qu'on ne nous propose pas d'avoir recours à Jar-Jar Binks.

*Une attaque d'escadrilles volantes dans un canyon, tu inséreras dans ton script. passage obligé, bien vu, et qui a le bon goût de ne pas être trop long...

*Une galerie de monstres idiots et malodorants, ainsi que des droïdes rigolos, tu créeras: ben tiens!

Enfin,

*les hommes et les femmes, égaux tu rendras: on aimait tant la dynamique Solo-Leia, dans la première trilogie... Ici, avec le petit bout de bonne femme incarné par Daisy Ridley, la relève est assurée. Elle est fantastique. Même si on peut regretter qu'il soit évident qu'on nous cache toute une tripotée de secrets à faire exploser le déconomètre pour les films suivants (Que je ne nommerai pas, jamais, Episode 19, Episode 32 ou Episode 456: ils ont des titres, ces films,enfin, aussi idiots soient-ils!)

Autant de commandements respectés dans ce film... Maintenant que J. J. Abrams, avec cet excellent film bien dosé dans lequel il s'adonne discrètement mais surement à ses péchés mignons (En gros, scènes dynamiques réglées comme du papier à musique, plans-séquences bien orchestrés, sens du détail bien géré et un certain flair pour rendre uniques même les plans les plus anodins), nous vengent des crimes de Lucas contre ses propres films. La prochaine étape: libérer les versions d'origine des trois premiers films... Oh, et puis, Abrams, tu peux continuer.

Partager cet article

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Science-fiction JJ Abrams