Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 16:32

William Wellman avait la réputation d'être un dur, un vrai. Ses films tendent à le montrer... Mais ce n'est rien, sans doute, à côté de Brown... Hell's highway, le seul de ses films que j'aie pu voir, ferait sans doute passer I am a fugitive from a chain gang, de Mervyn Le Roy, et Wild boys of the road, de Wellman, pour des productions Disney! Il y est question d'un système pénitentiaire qui fonctionne main dans la main avec un constructeur corrompu, engagé dans la confection d'une autoroute pour laquelle on a besoin de main d'oeuvre bon marché...

On suit essentiellement les aventures de "Duke" Ellis (Richard Dix, un repris de justice qui est de toute façon résigné, il sait qu'il vivra l'essentiel du reste de son existence dans le système carcéral, en l'occurrence un bagne à ciel ouvert, selon la mode Sudiste. Mais après la mort d'un gamin, qui a été mis dans une cabane en tôle pour y être puni, il est de plus en plus révolté contre la hiérarchie du système. Et l'arrivée de son tout jeune frère John (Tom Brown) ne va pas améliorer les choses. Duke, qui pourrait s'évader, va s'attarder afin de veiller sur lui...

Un panneau qui fait tout le jour le compte des survivants (Et qui annonce au passage "90 hommes, et 21 nègres", on voit l'ambiance...), un gardien-chef sadique qui envoie les faibles mourir d'épuisement dans une cabane qu'il appelle "l"hôpital", un gardien qui profite de la confusion ambiante pour assassiner sa femme adultère, des détenus chauffés à blanc qui se rebellent à la moindre vexation, et des gardes habitués à tirer dans le tas... On le voit, Brown ne fait pas dans la dentelle, et son bagne sale, miteux, et inhumain est, y compris dans un film pré-code lorsque la censure s'était sérieusement relâchée, pas vraiment du genre de ce qu'on voit habituellement dans le cinéma Américain classique. Le réalisme passe ici d'ailleurs par un refus de la politesse habituelle: comme dans Freaks, le metteur en scène a privilégié une atmosphère authentique, qui fait qu'on ne comprendra pas tout ce qui se dit... Les hommes parlent franc, ils parlent aussi dur! Du reste, il vaut peut-être mieux que certains mots nous restent inaudibles! Ce film coup de poing fonctionne d'anecdotes en anecdotes, de violence en injustice, et on serait presque étonné de lire au tout début le crédit du producteur: c'est un film de Radio pictures, la future RKO, produit par David O. Selznick...

Partager cet article

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Rowland Brown Pre-code