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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 15:21

Ce film est l'avant-avant dernier long métrage de Mikio Naruse, et en apparence il est dans un premier temps très éloigné de l'univers du metteur en scène: en effet, un crime a été commis, et la police enquête. L'entourage de la victime apprend ce que tout le monde soupçonnait plus ou moins: l'épouse de Sugimoto le trompait, et un de ses amants l'a tuée. Mais qui, et pourquoi?

...On le saura assez tôt. D'ailleurs, "qui?" n'est pas une question qu'on se pose très longtemps. Le film commence par la vision d'un homme très distrait, qui semble errer sans but dans la ville. Isao Tashiro (Keiju Kobayashi) va s'installer dans un café, où le rejoint par hasard son ami Sugimoto (Tatsuya Mihashi). Celui-ci tente de joindre son épouse, sans succès. Quand le toujours aussi maussade et absent Tashiro rentre chez lui, auprès de son épouse Masako (Michiyo Aratama), il dit à sa famille ce qu'il vient d'apprendre: Sugimoto a été contacté, il est arrivé un accident à son épouse. Le lendemain, ils en savent un peu plus: elle a été assassinée dans des circonstances particulièrement sordides... Mais Tashiro n'en sait-il pas un peu plus?

Le crime a agir en révélateur, et l'enquête va bien vite disparaître au profit de l'interrogation a posteriori, des remises en cause, et d'une sorte de catharsis généralisée: Isao Tashiro remet en question son appartenance à la société, et ne peut vivre avec un secret auquel il a lui-même du mal à croire, Masako souhaite éviter un scandale qui aurait des répercussions sur la vie de ses enfants, et Sugimoto se demande si la mort de son épouse, qu'il n'a pas su garder auprès de lui, ne serait pas le signe d'un nouveau départ. Dans ce film, la crise de la quarantaine prend un aspect profondément douloureux, dont l'élément déclencheur est Saruyi Sugimoto (Akiko Wakabayashi), une perverse mangeuse d'hommes qui a semble-t-il tout fait pour se faire tuer... A l'heure des profonds changements de la société Japonaise, souligner ce fait tend à montrer que ce film est très conservateur, mais c'est aussi, et surtout, une figure de mélodrame, car le vrai drame dans ce film ne se joue pas chez les Sugimoto, mais bien chez les Tashiro. Le visage impassible de détachement de l'époux meurtrier, celui interrogateur de l'épouse dévouée sont les éléments que Naruse choisit de placer en pivot de ses compositions, dans des plans qui tous nous annoncent le drame. Même avec un film mal foutu, et un peu tricheur sur les bords (ette enquête qui sert de déclencheur, et qui ne va nulle part!), Naruse reste un cinéaste du tourment, un esthète de la remise en question, qui sait installer comme personne une atmosphère de regrets et de fin de la fête...

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Published by François Massarelli - dans Mikio Naruse