Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 18:32

C'est l'un des derniers films muets, ceux qui ont plus ou moins fait de la résistance, après l'installation du parlant, et la reconversion de la plupart des salle de cinéma au nouveau médium. Le film intègre d'ailleurs une dimension sonore, à travers une scène de prologue durant laquelle l'un des protagonistes fait une petite introduction au film, un peu de la même façon que Douglas Fairbanks dans The iron mask en 1929... Pourtant difficile de comparer ce film sur la vie des Amérindiens avec, disons, City lights ou Modern times de Chaplin, deux films muets également tardifs, mais qui militaient pour cette forme d'art héritée de la pantomime... The silent enemy est un film muet parce qu'il a été tourné dans des conditions extrêmes, un peu à la manière d'un documentaire. Ce qu'il n'est absolument pas.

Il s'agit essentiellement d'une recréation avec des acteurs natifs de la vie des Ojibways une tribu de la baie d'Hudson au nord de l''état de New York. C'est en Ontario que HP carver a tourné ses images, en plein hiver, avec des acteurs trouvés dans une réserve, et la plupart d'entre eux n'avaient pas connaissance de l'existence du cinéma. Le résultat est plus que remarquable: le film est très émouvant... Mais pas vraiment documentaire: il suit une ligne largement tributaire du mélodrame, avec une intrigue très conventionnelle. Tout va bien, dans la tribu, et Baluk l'home fort se verrait bien épouser la fille du chef, ce que celle-ci ne détesterait pas... Mais Dagwan l'homme-médecine a des vues sur la petite, et il ne décolère pas de voir un chasseur à l'excellente réputation lui souffler la jeune femme. Il complote donc pour mettre dans la tête de la tribu le fait que l'avenir sera sombre, et que les chasseurs n'ont pas bien fait leur travail. Son influence grandit, et l'hiver approche...

Bien sur c'est cousu de fil blanc, la lutte entre le bon Baluk et le mauvais Dagwan va prendre toute la place, et ça va bien se finir... Mais les images hallucinantes, des Indiens en transhumance, dans la neige (Des congères de 80 centimètres), les chasses spectaculaires, la beauté de la nature, tout ce lyrisme l'emporte inévitablement... Gros succès pour la Paramount, le film est devenu à sa façon un classique.

Partager cet article

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Muet 1930