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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 09:30

Il semble qu'après 1920, la carrière de Maurice Tourneur ait connu des revers sérieux. D'abord, Zukor et la Paramount ont refusé d'exploiter son film The glory of love, qui sortira finalement sous l'égide d'un obscur distributeur, et sous un nouveau nom en 1923: While Paris sleeps; il semblerait que ce film, le troisième et dernier avec Lon Chaney, ait disparu. Le froid avec Paramount résulta dans la fuite de Tourneur qui allait recommencer à tourner pour plusieurs studios, mais on le sait avec les carrières fluctuantes de gens comme Neilan et Stroheim, les années vingt n'étaient pas une période rose pour les metteurs en scène épris d'indépendance. Lorna Doone, réalisé pour Ince et distribué par la compagnie First National, au milieu de tout cela, ressemble à une survivance de la décennie précédente dans bien des domaines.

Le film peine pourtant à dépasser sa beauté plastique le charme de ses scènes: j'y ai vu des images sublimes, comme dans les autres, mais je me suis ennuyé. L'histoire, adapté d'un classique, concerne le destin presque tragique de Lorna (Madge Bellamy), jeune fille de la noblesse recueillie par des brigands infâmes, la famille Doone. Pourtant elle va réellement être épargnée, et devenir la fille adoptive du "seigneur" des lieux, Ensor Doone. Plusieurs années après, le passé la rattrape lorsque s'échoue (Littéralement) sur les terres des Doone son ami d'enfance (John Bowers), et entre les deux tourtereaux l'amour va bientôt naître, malgré la menace représentée par ces malfrats de Doone, tous plus dangereux les uns que les autres.

Tourneur reconstitue l'Angleterre du 18e siècle en Californie, et s'offre des compositions impeccables, un recours discret mais décisif aux ombres, et à l'occasion se fend de mises en scènes spectaculaires: le baptème d'un prince, une bagarre généralisée, en particulier, sont notables.

Le film, pourtant, manque de rythme, et en dépit des intérieurs délicatement illuminés, de la façon dont Tourneur place encore ses personnages au coeur de la nature, c'est un joli film qui tourne un peu à vide. Madge Bellamy est bien jolie, mais elle n'insuffle pas à son rôle l'énergie qu'avait, disons, Barbara Bedford dans The last of the mohicans, ou la profondeur presque vécue de Seena Owen dans Victory. Le reste de la carrière de Tourneur, qui continuera à tenter de rester indépendant, mais finira par claquer la porte des studios Américains après un désaccord sur le plateau de The mysterious Island à la MGM, tendrait à confirmer l'impression que, décidément, le metteur en scène a fait son temps...

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Published by François Massarelli - dans Maurice Tourneur Muet Thomas Ince 1922