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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 09:57

Lawrence 'Rip' Smith (James Stewart) est surnommé ainsi parce qu'il a la faculté de s'endormir n'importe où; une habitude prise lors de ses nombreuses périodes creuses, car si l'ambitieux jeune homme voit grand, il est un peu trop en avance sur son temps: son truc, c'est le sondage d'opinion, un phénomène dont les dirigeants, chefs d'entreprises, patrons de presse sont avisés, mais qui passe au dessus du grand public. Et comme Smith veut rester son propre patron, la concurrence dans ce marché novateur est rude. Il est donc, une fois de plus, sans emploi, et part sur un coup de tête à Grandview, une petite localité charmante, dont il a entendu parler par un ancien camarade de l'université: à Grandview, l'opinion reflète exactement celle de la société Américaine, à moins de 1% de marge d'erreur Qu'un sondeur décide d'y interroger la population, et il aura le sondage le plus fiable au monde... Mais si Smith part avec armes et bagages, et avec ses fidèles assistants Ike (Ned Sparks) et Mr Twiddle (Donald Meek), il ne faut pas ébruiter le véritable but de leur installation à Grandview, et ils prétendent être des agents d'assurance. Sitôt arrivé, Rip trouve la ville parfaitement à sa convenance, et fait la rencontre d'une jeune femme de la localité qui contrairement à lui, souhaite développer la ville dans le sens du progrès: deux problèmes s'ensuivent: développer la ville, c'est la changer, ce qui contrecarrerait les plans de Rip; et la jeune femme, Mary Peterman (Jane Wyman), journaliste locale, est décidément fort jolie...

Tourné juste après It's a wonderful life, et produit par Robert Riskin pour la RKO, le film de Wellman subira le même sort au box office; un flop monumental. Comme si, en fait les Américains 'étaient pas près à retrouver James Stewart, où du moins pas le Stewart plus adulte qui est revenu de cinq années de guerre... On a pourtant ici certains ingrédients qui renvoient à un personnage emblématique de l'acteur: il s'appelle Smith, et ce n'est pas pour rien! Arrivé à Grandview, il est aussitôt reconnu par l'équipe de Basket-ball de l'université comme un ancien champion, et va devenir leur co-entraîneur, ce qui fait qu'on le voit souvent flanqué de jeunes boy-scouts! Et si c'est un James Stewart qui vient masqué, conscient du fait qu'il s'apprête à exploiter les habitants sans leur assentiment, il ne met pas longtemps à devenir un pilier sur de la petite communauté. Mieux: lorsque le pot-aux-roses est découvert, deux conséquences: la population se met à l'heure du sondage et se prête au jeu (Qui est d'ailleurs faussé, ce qui est une autre histoire), et à part Mary qui s'était beaucoup rapprochée de lui, personne n'en tient rigueur à Rip qui va d'ailleurs sauver la ville d'un coup dur...

Les raison de l'insuccès de ce film, dont le scénario, au fait, est du à Robert Riskin, l'ancien collaborateur de Capra (Mais s'il a écrit Deeds et You can't take it with you, entre autres, il n'est pas le scénariste de Smith), sont sans doute à chercher dans le fait que la 'science' dont il est question, ici, est aussi nébuleuse pour le public e 1947 qu'elle peut l'être pour la plupart des gens aperçus dans le film, et d'ailleurs tout se passe comme si Wellman ne s'y était pas vraiment intéressé, et s'en était débarrassé aussi vite qu'il l'a pu! Non, ce qui a motivé le réalisateur, c'est d'abord la comédie, et avec Stewart et Wyman, d'un côté, mais aussi la figure hallucinante de Ned Sparks, de l'autre, il a été servi... Le choc des cultures, lorsque les trois New Yorkais débarquent à Grandview, est assez proche de celui vécu par Fredric March et Carole Lombard dans Nothing sacred... Et certaines séquences se promènent avec brio dans les riches heures de la screwball comedy.

Finalement, le metteur en scène est à l'aise avec cette histoire de petite ville tout à coup abandonnée de tous, devenue la risée de l'Amérique, et dans laquelle la population enfin réunie se met à faire front, sommée par ses enfants qui reprochent à leurs aînés de ne rien faire personnellement pour empêcher la décadence d'une ville qui a encore beaucoup à leur offrir. Dans la direction de ses jeunes acteurs, comme toujours très impressionnantes, passent des réminiscences de Wild boys of the road... Wellman, comme pour signer son film, lui qui aime tant se passer de LA scène à faire et à montrer, garde le premier et unique baiser de ses deux stars, pour... après le fondu au noir. Typique! En attendant, même un peu mineur sur les bords, franchement, un film plus que recommandable.

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Published by François Massarelli - dans William Wellman Comédie