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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 09:48
Shame (Steve McQueen, 2011)

Brandon (Michael Fassbender) est un cadre d'une entreprise florissante, efficace même si pas forcément au top. Il est réservé, se mélange assez peu avec les autres, mais son patron David (James Badge Dale) aime bien sortir avec lui parce que le contraste entre eux est si fort que ça lui donne une bonne image, du moins le croit-il. bien sur, Brandon a une double vie: il est ce qu'on appelle communément un sex addict, et le moins que l'on puisse dire, c'est que sous ses dehors calmes et posés, ses journées sont en fait bien remplies: sites pornos pendant le déjeuner, prostituées, clubs de rencontre, et même masturbation compulsive dès qu'il va aux toilettes dans les locaux de son entreprise. Il vit seul, se tient à l'écart de toute relation, et va vraiment sentir sa douleur lorsque sa soeur Sissy (Carey Mulligan), qui semble-t-il possède une variante du même problème, va s'installer chez lui...

Contrairement à Brandon, Sissy est à la dérive: pas de job stable, elle chante (Plus ou moins bien) dans des restaurants. Son plus gros problème, c'est que contrairement à son frère elle n'a pas fait le deuil de développer des relations humaines, et elle passe donc par des stades émotionnels difficiles, ce qui n'arrange rien pour Brandon, celui-ci n'ayant pas non plus la force de s'investir dans une relation, fut-elle non sexuée, avec un membre de sa famille...

Oui, on l'a compris, la chair est triste, dans ce film très cru qui ne nous épargne pas grand chose de l'enfer que vit Brandon, et qu'il fait vivre à son entourage. Le titre est bien choisi, car la honte est la ligne à ne pas franchir: Brandon semble n'avoir aucune gène à raconter un souvenir embarrassant de son adolescence, mais garde secrète sa vie de dépendance au sexe. Et l'arrivée de sa soeur, justement, fait qu'il ne pourra pas laisser sa part d'ombre à l'écart: elle sait, elle souffre, et lui est obligé de regarder la vérité en face... Avec sa narration presque totalement chronologique, McQueen nous embarque avec lui dans un voyage aux enfers qui n'est jamais confortable, et qui repose souvent sur des plans-séquences très douloureux.

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Published by François Massarelli - dans Steve McQueen