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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 09:38
The Hudsucker proxy (Joel & Ethan Coen, 1994)

New York, 31 décembre 1958, 23:59. Du 44e étage (...A moins que ce ne soit le 45e...?) du méga-building de Hudsucker industries, un jeune homme s'apprête à sauter. Il neige, et une voix off va nous raconter non seulement comment il est venu là, mais aussi comment il va être sauvé... Dans un script qui évoque les grandes et riches heures du cinéma engagé de Frank Capra, et de la comédie sardonique de leur maître revendiqué Preston Sturges, les Coen se livrent à un nouveau pastiche de genre Hollywoodien plus que marqué... Et se plantent dans les grandes largeurs.

Norville Barnes a de la chance: il débarque à New York, en provenance de Muncie, Indiana, pour trouver un travail, et se présente à Hudsucker Industries justement le jour qu'a choisi le président et fondateur Waring Hudsucker pour se suicider. Il s'est jeté du 44e étage. Après quelques jours, Norville (Tim Robbins) va bénéficier d'une promotion inattendue et spectaculaire: ce qu'il ignore, c'est que Sidney J. Mussburger (Paul Newman) l'a mis à la place de président justement parce qu'il a besoin d'un imbécile, quelqu'un qui fasse fuir les actionnaires potentiels, car le décès de Hudsucker a ouvert la porte à des investisseurs extérieurs, et ça signifierait la fin des privilèges pour le cercle restreint des membres du conseil d'administration. Mais l'imbécile met la puce à l'oreille de la presse, et très vite, une jeune et ambitieuse journaliste qui ne possède pas l'ombre d'une scrupule vient enquêter en se faisant passer pour une autre arrivante de Muncie, la belle Amy Archer (Jennifer Jason Leigh). Celle-ci va prendre une place importante pour l'homme qu'elle envisage de crucifier sur l'autel de la première page des journaux, mais bien sur elle va s'attacher à lui, puis tomber amoureuse...

Oui, on tombe beaucoup dans ce film. Le spectateur aussi. J'aime bien le cinéma ultra-référentiel des Coen, leur faculté à singer un genre sans en faire trop, et à prendre leurs personnages pour des crétins sans manquer de respect au spectateur. C'est bien le problème de ce film, au budget confortable, et qui va se planter au box-office de manière assez spectaculaire: ils n'aiment pas les personnages, mais surtout, dans un effort que je n'explique pas, ont imposé à leurs acteurs un jeu excessif qui est parfois sympathique (Tim Robbins en benêt), et parfois infect (Jennifer Jason Leigh réussit à être pire qu'Isabelle Huppert et Gérard Depardieu réunis). C'est irritant, et ça ne mène nulle part. On pouvait faire un film sur l'aliénation du corporatisme moderne sans enfiler de si gros sabots. Et surtout, on peut pasticher Capra sans prendre son cinéma pour ce qu'il n'est pas. Zéro pointé.

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Published by François Massarelli - dans Joel & Ethan Coen Comédie