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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 21:42

Le premier des films de Korda consacrés à des grandes figures ne correspond pas à l'idée qu'on se fait aujourd'hui d'un biopic-hagiographie tel qu'un Richard Attenborough peut en tourner (Chaplin, Gandhi...). Au contraire, Korda, avec la complicité de Charles Laughton, nous montre un homme qui, au lieu de fuir le statut d'être humain au profit de celui de demi-Dieu, se rapproche de plus en plus du sol, et réussit à s'humaniser réellement; un tour de force, lorsqu'on constate que le point de départ du film est l'exécution d'Anne Boleyn, pion sacrifié sans ménagement par Henry au nom de la raison d'état, et remplacée dans la minute qui suit le décollement de sa jolie tête, par une fiancée plus accommodante.

Et même après ça, Laughton en Henry VIII réussit à nous être sympathique, gros poupon dont on satisfait le moindre des caprices. Deux scènes magnifiques par ailleurs: la déclaration d'amour inattendue et émouvante à Katherine Howard, et la nuit de noces avec Anne de Cleves (Elsa Lanchester, mrs Laughton): les deux tourtereaux (Lui Quasimodo, elle Carabosse) abandonnent toute prétention au frivole, conviennent en toute amitié d'un divorce, et se lancent dans une belote...

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Published by François Massarelli - dans Alexander Korda