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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 18:21

Le flash-back, dans le Hollywood classique, reste toujours une affaire de choisir son camp: Welles, en 1940, en use et en abuse avec génie; Hawks, du début à la fin de sa carrière, l'évitera avec une constance bornée... Raoul Walsh, conteur pourtant ô combien classique, n'avait pas cette pudeur, et pour cause: tant de films le montrent, le réalisateur restera toute sa carrière durant coincé dans la nostalgie de ses années de jeunesse à New-York, celles-là mêmes qui font le sel de Regeneration et de The Bowery... Et en deux films-clés, The Strawberry Blonde et Gentleman Jim, le vétéran revenu au premier plan grâce à son passage à la Warner va se replonger dans ce bain de jouvence fortement nostalgique, et fortement teinté d'un humour solide, Irlandais, et... profondément humain.

Comment le dentiste Biff Grimes (James Cagney) a-t-il fini pour se marier avec Amy Lind (Olivia de Havilland) alors qu'il en pinçait sérieusement pour une autre (Rita Hayworth), et pourquoi a-t-il fait de la prison? A l'occasion d'un retour inattendu d'un ancien ami dans sa vie, le personnage se souvient du début de son vingtième siècle à lui, à une époque ou tout semblait modestement lui sourire, et surtout, il allait sans doute réussir à séduire Virginia, la femme de sa vie...

Avec son sens phénoménal du conte, Walsh fait de l'or avec presque rien, une petite histoire nostalgique, avec le soupçon d'une vengeance qui se dégonfle comme une baudruche, et la satisfaction d'une vie finalement pas ratée, des petits bonheurs d'avoir finalement trouvé le partenaire idéal alors que tout faisait craindre le contraire... On aime Biff Grimes et ses idées rétrogrades, et surtout on adore Amy et son sens de la provocation, il faut dire que James Cagney et Olivia de Havilland, c'est l'alliance du bien et du bien. Comme en plus Walsh se plaît une nouvelle fois, quoique de façon plus policée que dans The Bowery (mais c'est d'une autre époque, plus permissive que date ce dernier) à recréer le New York de sa jeunesse, à travers ses quartiers ("allons faire un petit tour tranquille à Harlem"), ses moeurs (le rendez-vous arrangé sous trois tonnes de prétextes afin de préserver les faux-semblants), et même son langage, le plaisir ne peut qu'être au rendez-vous.

Film-bonbon, film-madeleine, The Strawberry Blonde est l'un des plus beaux films de Walsh. Il n'a pas son pareil pour recréer une époque jusque dans ses moindres détails, sans en faire tout un plat, et pour adopter la meilleure façon de raconter une histoire qui vous accroche et ne vous lâche plus... Parce qu'il aime ses personnages, son dentiste autodidacte, son infirmière amoureuse, et son coiffeur Grec, et qu'il nous les fait aimer.

 

 

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Raoul Walsh Comédie Olivia de Havilland