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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 10:15

Ce film provient de l'écurie Triangle Fine Arts, le "label" qui couvrait les productions de David Wark Griffith entre 1916 et 1918, et si c'était un label de qualité, Gretchen the Greenhorn était ce qu'on appelait un "programmer", comprendre "complément de programme", ces films de moindre durée sensés accompagner les productions prestigieuses. Dorothy Gish, jamais totalement reconnue à sa juste valeur, était souvent reléguée dans ces films courts, dont la plupart ont disparu. Les frères Franklin étaient à l'aube d'une carrière qui pour l'un d'entre eux allait être prestigieuse: Sidney, bien sur, a signé quelques films non négligeables, ce qui n'est pas tout à fait le cas de Chester. Les films Fine arts étaient, selon l'expression consacrée, "supervisés" par Griffith, et on reconnaîtra ici, outre la star, un grand nombre de ses acteurs fétiches...

Gretchen (Dorothy Gish) est donc une immigrante Hollandaise, venue rejoindre son père Jan (Ralph Lewis) qui est un nouvel arrivant typique: accent à couper au couteau, mais des rêves pleins les yeux. Dans le petit monde, fait de braves gens d'horizons divers, où ils vivent, un voisin, Rogers (Eugene Pallette) va proposer une affaire à l'artisan Jan: mais c'est un piège, car sans le savoir, il va fabriquer de la fausse monnaie...

Un Américain malhonnête, des immigrants vertueux et qui souhaitent rester du bon côté de la loi, jusqu'à ce que l'un d'eux, l'Italien Pietro (Frank Bennett), ne sauve sa fiancée Gretchen des mains des bandits. Certes, c'est schématique et naïf, mai à l'heure d'une vague anti-immigration sans précédent dans le monde entier, on aurait bien besoin de cette naÏveté et de ces bons sentiments dans notre société actuelle. Le film est un enchantement, construit tambour battant, sans les habituelles et irritantes notations de Griffith dans les inter-titres, et les acteurs font très bien leur travail. On ne peut que s'étonner qu'un film aussi soigné ait été réalisé dans le seul but de boucher des trous du programme dans les salles de 1916, alors que certains de ces acteurs apparaissaient dans Intolerance, produit au même moment. On ne peut que s'étonner et s'émerveiller aussi que ces cinq bobines aient survécu dans une aussi belle copie...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1916