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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 16:35

On'attend pas d'un film qui s'appelle ainsi qu'il soit en réalité tourné en France, par une équipe locale... De même qu'un Jean Durand, ça ne sonne pas comme John Ford ou Thomas Ince! Et Joe Hamman, le principal acteur du film, est né en 1883 à Paris, et son état civil révèle qu'il s'appelait en fait Jean Paul Arthur Hamman. Mais par contre il était clairement passionné de l'Ouest Américain, au point d'y consacrer sa vie: dès 1906, ce passionné de cinéma fait ce qu'on n'appelle pas encore des westerns, dont il est de fait, un pionnier. Et à la compagnie Lux, en 1909, il fait la connaissance de Jean Durand.

Durand est un autre cinglé, à sa façon: venu par hasard à la réalisation chez Pathé, il va s'y consacrer de toute son âme, et sous l'influence de sa vedette et future épouse, Berthe Dagmar, elle même danseuse, dompteuse et acrobate, va souvent tourner des fimls autour du monde du spectacle, soit en consacrant par exemple ses films à la peinture du cirque ou du petit monde du music-hall, soit en transformant le médium en un prolongement du monde du spectacle, un peu à la façon dont le western est né aux Etats-Unis de la fréquentation massive par le public des spectacles simplificateurs de Buffalo Bill... Et la boucle est bouclée, car c'est lors d'un voyage aux Etats-Unis que Joe Hamman a vu le cirque de Buffalo Bill et attrapé le virus du western!

Ce film date donc de l'arrivée à la Gaumont en 1910 de Durand, Dagmar et Hamman, qui amènent avec eux tout leur cirque: des figurants et acteurs rompus à tous les exercices et toutes les acrobaties (Dont Gaston Modot), des costumes authentiques, et une idée toute simple: un copain de Hamman, le marquis Folco de Baroncelli, possédait de la terre en Camargue, et employait un certain nombre de gardians pour s'occuper de son bétail, vache et chevaux dans l'ensemble. La troupe s'installe donc chez lui, et en profitant de la petite gare locale, commence à faire des films... Pendaison à Jefferson City porte bien son nom, puisqu'il s'agit d'une histoire pittoresque, qui voit un homme soupçonné d'avoir tué son copain et qui va se faire lyncher: le copain arrivera-t-il à temps pour l'innocenter?

C'est rythmé, court, et marqué par une franche volonté de faire du spectacle: on remarquera que les décors sont choisis pour leur potentiel, justement. A aucun moment un spectateur d'aujourd'hui ne peut croire qu'il s'agit de l'Ouest Américain, pas plus si vous voulez mon avis qu'il soit possible à un spectateur des deux premiers westerns de Sergio Leone de ne pas y reconnaître l'Espagne... Ce premier film Gaumont qui expérimente la formule est encore un exercice, mais illustre bien le style efficace de Durand.

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Published by François Massarelli - dans Western Gaumont Muet Jean Durand