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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 16:37

Harry Callahan rempile pour la troisième de ses aventures, et une fois de plus, Eastwood confie la réalisation à un de ses proches collaborateurs, James Fargo: ancien assistant réalisateur, ayant par ailleurs dirigé des secondes équipes sur des films d'Eastwood. Il accomplit un travail efficace, nerveux, et on sent toute l'équipe à l'aise. Eastwood aura beau démentir, ses film sont plus politiques qu'il le prétend: encore une fois, Harry Callahan part en guerre contre son administration autant sinon plus que contre les criminels. En cause? L'inefficacité et le décalage entre les beaux discours d'une part et les actes de l'autre, notamment concernant les minorités. Mais Harry s'en prend aussi à la discrimination positive, qui impose un quota de femmes dans la police. Si on pense dans un premier temps qu'Harry Callahan est mécontent de voir confier un travail de police à des femmes, en réalité, c'est le principe de la discrimination positive qui le rend irritable...

L'intrigue est posée rapidement: son partenaire ayant été tué par un groupe de terroristes, Harry fait une affaire personnelle de retrouver ces derniers; mais son nouveau binôme est une femme, l'inspecteur Moore (Tyne Daly), et il va être dur à cette dernière de faire ses preuves auprès de quelqu'un qui a du mal à la voir comme autre chose qu'un simple caprice de politicien...

Il est intéressant de se pencher sur l'histoire politique de San Francisco, la ville dont Callahan et ses collègues semblent nous dire en leur temps qu'elle est un repaire du crime. Les notations et les remarques sur l'administration, fustigée par tous ces gens, désapprouvée par Callahan, et que des flics d'extrême droite ont décidé de remplacer par leur propre milice dans le film précédent, nous mettent la puce à l'oreille: la ville et son administration ont été dominées par les Démocrates, en coalition avec les Verts et la gauche progressiste depuis 1960. Du coup, les films de cette série, qui montre une police émasculée, et une administration plus attachée à défendre les droits des criminels qu'à protéger les honnêtes gens, sentent quand même un tantinet le pamphlet politique. Mais on peut aussi, une fois su cet état de fait, y prendre du plaisir: tout ça, c'est du western...

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Noir