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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 09:20

Les Ides de mars: la période de l'année qui renvoie bien sur à la trahison qui mène à l'exécution de Jules César par Brutus, Cassius et Casca dans le Julius Caesar de Shakespeare, ce qui sied parfaitement à l'atmosphère de ce thriller politique d'un noir profond, qui nous renvoie une image trouble des politiques. Clooney, qui a rarement raté l'occasion de participer de façon très active à des campagnes présidentielles, du côté démocrate, a profité dune période entre deux élections pour faire ce film, qui avouons-le n'offre pas une image très glorieuse de la politique. Mais ceux qui sont en cause ne sont pas forcément les politiques eux-mêmes, car le film s'intéresse aux coulisses d'une primaire, et donc aux jeux de pouvoir, aux éléments de communication et aux tractations en sous-main.

Le gouverneur Mike Morris est candidat à la primaire présidentielle du parti démocrate, et un enjeu de taille l'attend: soit gagner la partie en Ohio, dont tous les délégués démocrates iront là ou on le leur dira, soit remporter le soutien du très populaire et très médiatique Franklin Thompson (Jeffrey Wright), sénateur de Caroline du Nord. Mais celui-ci est très gourmand, et Morris se veut intègre: son programme est apparemment honnête, no trop progressiste ni trop centriste, bien pensé, et il ferait très probablement un bon président. C'est justement ce que pense Stephen Meyers (Ryan Gosling), un communicant qui n'a jamais accepté le moindre compromis avec ses principes. Lorsqu'il est approché par Duffy (Paul Giamatti), le chef de campagne du candidat concurrent, il commet une erreur: il se rend par politesse à sa rencontre. Mais il va y avoir pire: Meyers se rend compte que Morris a fauté lui aussi: il a couché avec une stagiaire (Evan Rachel Wood) et celle-ci est enceinte... De quoi écorner l'image du bon père de famille du candidat, mais comme en prime Meyers a une relation avec la jeune femme, sa loyauté est rudement mise à l'épreuve...

C'est passionnant, et assez déprimant aussi! Contrairement à ses trois films précédents, Clooney choisi une intrigue contemporaine, et a participé à la rédaction du script; mais il serait illusoire d'imaginer que le film dénonce ici la duplicité du politique! Il est bien sur regrettable pour la famille Morris que le père ait couché avec une autre. Il est embarrassant pour lui qu'il en ait résulté une grossesse, d'autant plus embarrassante que la jeune femme est la fille d'une haut responsable Démocrate, et Catholique de surcroît: ce qui est sale ici, c'est le fait que les candidats finissent pieds et poings liés aux mouvements de cour, négociations et compromis de leur équipe.

Les choix de mise en scène de Clooney sont sages, mais bienvenus et assez typiques d'un acteur passé metteur en scène: des prises longues, des plans séquence, et des dispositifs qui incluent plusieurs développements en un seul plan. Il multiplie les sources d'information, entre écrans situés dans le champ, présence de la presse, et multitude de sources téléphoniques! Par ailleurs, on est en permanence dans les coulisses, et le point de vue est quasiment en permanence celui de Meyers, dont Ryan Gosling fait un personnage riche dont nous assistons à la perte de toutes les illusions, dans un renoncement d'une ampleur cataclysmique. 

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Published by François Massarelli - dans George Clooney