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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 14:25

Le Nord de la France, décembre 1944: lors d'un hiver particulièrement rigoureux, une division de G.I. qui s'apprêtait à rejoindre l'arrière pour prendre du bon temps à Paris est envoyée pour une mission secrète sur la petite ville de Bastogne... Une fois arrivés, les soldats découvrent que la mission n'a rien de secrète, que les Allemands sont parfaitement au courant, et qu'ils sont totalement déterminés à garder la ville, un endroit stratégique pour pouvoir espérer inverser la donne contre les alliés. dans les bois des alentours, à partir de la nuit, la neige, le brouillard et les SS déguisés en soldats Américains vont mener la vie dure à une troupe d'infanterie qui ne connaîtra jamais le repos...

L'héroïsme, façon Wellman: cinq années après les faits, le metteur en scène donne de la bataille de Bastogne une vision particulièrement décalée. Ses soldats sont des rustres, des hommes qui n'en peuvent plus, ne sont pas toujours, du moins en apparence, très sympathiques les uns avec les autres (une jeune recrue, dont ce sera le premier combat, se voit totalement ignoré e arrivant au campement...), préoccupés par tout ce qui pourrait leur permettre de penser à autre chose que la réalité brutale du conflit qui les occupe. Mais ce sont bien sur des coeurs d'or, des hommes à la bravoure d'autant plus palpable qu'il savent devoir survivre, et des héros dans la mesure où chacun de leurs gestes va dans le bon sens: libérer l'Europe. seulement, personne dans le film n'aura l'impudeur de le dire.

Le metteur en scène, on le sait, et il l'a si souvent prouvé (Wings!!!) n'aime pas la guerre, même s'il a souvent fait état de ses souvenirs de vétéran, et s'il n'a jamais caché son plaisir de pouvoir expliquer "sa" guerre. de montrer ce qu'il a lui touché du doigt, la rudesse des combats, les moments où tout bascule, la perte des copains, mais aussi la camaraderie, seule façon de s'en sortir. Et ses soldats, pouilleux, sales et râleurs, ont beau être étudiés par Dore Schary et les autres pontes de la MGM comme on crée un produit de marketing, le metteur en scène a su garder une véracité touchante à ses acteurs: Van Johnson en boute-en-train qui doit valer frustration après frustration, John Hodiak en intellectuel qui ronge son frein, Ricardo Montalban en Angeleno d'origine Hispanique qui s'émerveille d'avoir pu jouer pour la première fois dans la neige, etc... Et il fait semblant, comme d'habitude, de tourner sans s'en soucier, mais le vétéran iconoclaste qu'est Wellman ne peut pas ne pas signer le film à sa façon: il met en scène la confusion dans laquelle les soldats coincés entre les Allemands, la neige et le brouillard se retrouvent dès qu'ils entrent dans les bois, et bien sur n'oublie pas d'envelopper la violence dans une certaine part de mystère en dosant la part d'"action" que nous voyons. Le film est prenant, âpre et splendide, comme d'habitude.

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Published by François Massarelli - dans William Wellman