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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 16:34

En entendant parler de cette évasion spectaculaire de prisonniers d'un goulag en pleine seconde guerre mondiale, Peter Weir a plus que tout souhaité savoir si leur expérience, contée dans un roman, était authentique ou non. De fait, trois hommes ont bien réussi à rejoindre l'Inde depuis la Sibérie, en marchant. Les péripéties, l'itinéraire, tout est vrai. Les personnages sont inspirés des caractères originaux, mais sont bien sur romancés...

Bien sur, si le film est généreux, il a ses défauts, à commencer par l'insupportable manie de donner à des personnages qui parlent l'Anglais pour les besoins du public, mais qui sont d'origine non anglophones, un accent idiot: Jim Sturgess, Colin Farrell et Saoirse Ronan doivent ici mâcher leur langue et rouler les R. Mais c'est une convention que le scénario explique en mettant dans les prisonniers un Américain, qui va faire que les autres s'expriment d'abord et avant tout dans sa langue, car après tout ils viennent d'un peu partout: Russes, Polonais, Lettons...

Les commentaires sur ce beau film sont unanimes: peut mieux faire! Mais comment faire mieux qu'une évocation délicate et respectueuse, qui se refuse en permanence au spectaculaire, et qui prend bien soin d'opposer deux philosophies de la survie, celle d'un individualiste forcené (Ed Harris, l'Américain), et celle d'un Polonais déterminé à rester décent, et la générosité à fleur de peau (Jim Sturgess, le Polonais)? Peut-être l'ascèse cherchée (Mais pas atteinte) par Weir a-t-elle gêné? Cette équipée grandiose, qui a été tournée sur des lieux plausibles, en Asie sur les traces du parcours original (Sibérie, lac Baïkal, Mongolie, Chine, Tibet, Inde), rappelle le prix qu'accorde Peter Weir à la liberté, fut-elle cosmique (Picnic at Hanging rock), spirituelle (Witness), culturelle (Dead poets Society), concrète et politique (Green card) ou sous toute autre forme (Mosquito Coast, The Truman Show, Master and commander). et ce film est de ceux qu'on reverra souvent et avec plaisir, j'en suis certain. Partis du goulag, déshumanisés, animalisés, ses protagonistes vont littéralement apprendre à redevenir humains. Et "The way back", le chemin du retour donc, devient essentiellement un chemin vers l'avenir.

Et puis quand on aime Peter Weir, comment ne pas constater les allusions? Un plan qui mêle un train et une carriole, est-il un renvoi conscient à Witness? Un autre qui montre un personnage épuisé par le soleil en plein désert, qui se voit visiter par un serpent, est-il un clin d'oeil à Picnic at Hanging Rock? Coïncidences, ou dépôt de bilan? après ce film, et à l'heure où j'écris, pas de nouvelles du metteur en scène.

Dommage.

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Published by François Massarelli - dans Peter Weir