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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 15:24

Si on veut trouver quel est le film qui symbolise le mieux la cristallisation de ce qu'était le libéralisme à la sauce Reaganienne, oubliez ce pauvre Wall Street d'Oliver Stone, mélodrame dont la bassesse peine à cacher la vacuité. Non, pour moi, la meilleure façon de représenter les excès boursicoteurs des années 80, c'est cette comédie. Et pour commencer, je pense que si John Landis, qui connaît bien l'histoire de la comédie, et qui fait rarement les choses au hasard, a confié à deux vieilles gloires de la screwball comedy, Don Ameche et Ralph Bellamy, des rôles si importants que ceux des deux abominables frères Duke, c'est tout sauf un hasard: son film se situe dans la droite ligne du genre, tendance Preston Sturges. ...Mais à la façon de John Landis, un réalisateur qui n'oublie jamais de vouloir d'abord et avant tout rester un iconoclaste, un punk de la caméra, un trublion, qui préfère soigner ses effets et ses gags, plutôt que de faire de l'art. Bref, Trading places est un film efficace, qui énonce clairement son intrigue avant de déclencher un feu d'artifices loufoque...

Et il y a de l'exagération, bien sur: les deux frères Duke (Ameche et Bellamy), à Philadelphie, règnent sans partage sur la spéculation, un art dans lequel ils sont passés maîtres. Côté face, ils ont pignon sur rue, avec un cabinet dirigé d'une main sure par Louis Winthorpe III (Dan Aykroyd), un quasi clone des deux frères, qui est à leurs ordres, et qui vit dans une maison qui leur appartient. Côté pile, ils manoeuvrent en douce et pratiquent le délit d'initiés avec un talent rare. Mais les deux frères ne s'entendent pas sur tout: Mortimer (Ameche) est persuadé que l'homme est doté par la nature de talents, et que suivez mon regard, si Louis est si doué c'est parce qu'il est blanc. Randolph (Bellamy) de son côté reste persuadé que c'est le milieu qui fait tout. Ils décident de faire un pari: trouver un prétexte pour virer et dégrader Louis Winthorpe, le renvoyer dans la rue, et le remplacer par un voyou de la pire espèce, un raté, si possible noir: Billy Ray Valentine (Eddie Murphy)... Si ce dernier s'en tire, c'est que Randolph a raison, si en revanche Louis réussit à remonter la pente, c'est Mortimer qui a raison...

Le film va donc suivre les aventures cocasses de Louis déchu, trouvant refuge auprès d'une prostituée au grand coeur (Jamie Lee Curtis), pendant que Billy Ray va très vite fort bien s'adapter à son nouvel environnement. Mais l'intérêt du flm redouble au moment où les deux "cobayes" vont unir leurs forces contre leurs manipulateurs...

L'esprit satirique de Landis ne le pousse en rien à accomplir un film militant, au contraire. La vengeance de louis Winthorpe et Billy Ray Valentine s'effectuera avec les propres armes des deux frères Duke, mais au moins, le metteur en scène va tout faire pour mettre le public du bon côté, c'est à dire contre la noblesse d'argent de l'est, ces abominables riches, que nous voyons vivre entre eux dans leurs clubs (Des scènes probablement tournées dans un club quelconque, ce qui est assez amusant en soi), et dont les occupations principales sont d'exercer un métier sans aucune justification morale, d'avoir des discussions sur ce qui se fait ou ne se fait pas qui débouchent le plus souvent sur des propos racistes, et bien sur la manipulation des masses. Et les deux grains de sable seront une prostituée (Jamie Lee Curtis est bien sur excellente, mais ça allait de soi) et un noir, joué avec inventivité, et une certaine forme de génie dans l'excès par Eddie Murphy. 

Et il y a un gag lamentable avec un gorille. Ou deux. bref, on rigole.

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Published by François Massarelli - dans Comédie