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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 18:15

Sorti en 1919, ce film a obtenu l'appui de tous les critiques, qui y ont reconnu, je cite, "La plus grande épopée cinématographique du désert", selon les termes de la critique publiée dans le Los Angeles Times. De fait on a le sentiment, avant que le genre n'obtienne encore plus de lettres de noblesse avec les grands films des années 20 (The covered Wagon et The iron horse, bien sur), de voir un acte fondateur du western, en même temps qu'un film gonflé, tourné partiellement en plein désert, et accompli avec la plus grande des rigueurs, dans un genre connu surtout pour sa fantaisie codifiée. pas de fantaisie dans Wagon tracks, un film tout entier dédié à la personne de William Hart...

Ce dernier incarne un pionnier, Buckskin Hamilton, qui s'accorde un peu de bon temps entre deux caravanes, pour accueillir son petit frère venu de l'est avec son diplôme de médecin en poche... Mais sur le bateau qui l'amène de St Louis, Billy Hamilton est tué par un homme, dans des circonstances peu glorieuses: le tueur (Robert McKim) trichait aux cartes dans un jeu prohibé, et le jeune frère l'ayant accusé ils en sont venus aux mains. Jane (Jane Novak), la soeur du meurtrier, est intervenue afin de les séparer, mais dans la confusion le meurtre avait eu lieu, sous les yeux d'un autre homme (Lloyd Bacon). Non content d'avoir tué un homme, le bandit avait en prime accusé sa jeune soeur. En arrivant sur les lieux, Buckskin ne peut croire en la culpabilité de Jane, et comme quelques jours après tout ce petit monde se retrouve dans la même caravane vers l'ouest, le désert va imposer sa loi, et la vérité va éclater...

Derrière le droit et impassible William Hart, c'est bien sur de morale qu'il s'agit. Les hommes et femmes impliqués dans cette histoire, confrontés à la violence des lieux, vont devoir faire des choix cornéliens... Comme toujours, Hart (producteur en titre, aux côtés du "superviseur" Ince  fait de son western le théâtre d'une tragédie, dans laquelle le désert et ses décors austères vont jouer le rôle d'arbitres. C'est vrai que le film fait penser par de nombreux côtés à The big trail de Raoul walsh sorti 11 années plus tard et qui montre une histoire de vengeance sur fond d'un déplacement de pionniers. Mais là ou Walsh fera d'une pierre deux coups, en montrant l'épopée des caravanes vers l'ouest en même temps que la beauté des grands espaces, ce film fait la part belle à une fascination pour l'austérité des lieux, et nous montre des comportements plutôt authentiques. Comme souvent dans les westerns Ince, on a une participation notable d'un parti Indien, interprété par des natifs. Et l'ombre de futurs chefs d'oeuvres passe par moments, notamment Greed et son tournage à Death Valley, ou encore The treasure of the Sierra Madre...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Thomas Ince 1919