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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 16:24

Aussi loin que possible des clichés contemporains du genre, Delmer Daves a créé, en une poignée de films très attachants, un style très particulier et très personnel de westerns, qui doit autant au lyrisme du genre, qu'à la rigueur réaliste qui commence à exister à l'époque. Une synthèse de deux courants pas forcément faciles à concilier, qui tient ces oeuvres à l'écart du flamboyant, de la facilité, mais aussi des excès. Mais le monsieur, sans jamais céder à la tentation du baroque, a aussi tenté et réussi une alchimie avec le film noir, en particulier avec Jubal (1956), et avec ce film...

C'est désormais un classique: Dan (Van Heflin), un fermier peu fortuné, assiste au braquage qui tourne extrêmement mal d'une diligence, et va aider à la capture du chef de la bande (Glenn Ford). Comme la petite localité est très miteuse, et que le propriétaire de l'agence de diligences offre une prime de $200, Dan se porte volontaire, et va devoir subir la manipulation psychologique, les sarcasmes, les tentatives de déstabilisation mais aussi et surtout l'humanité de l'homme qu'il doit accompagner vers son train...

La confrontation entre Van Heflin et Glenn Ford, entre la simplicité  d'un homme qui s'est toujours tenu à l'écart de la violence, et le charisme d'une canaille, est l'un des atouts du film, mais cela agit surtout en révélateur de la profonde humilité du personnage du fermier. Daves, en fait, ne nous impose jamais de choisir entre les deux hommes, qui finissent par être collés l'un à l'autre, et victimes du même destin: le fait qu'à 15h10, il y a un train à prendre, et des risques à courir, parce que la bande est là qui attend pour libérer son chef, et Dan est déterminé à faire son travail jusqu'au bout...

Donc, forcément, du suspense, et non des moindres: on connait l'heure à laquelle Dan doit amener le bandit au train, les risques à courir liés au fait que la bande est au courant, et le fait que Dan n'est en rien un homme expérimenté dans le fait de faire ce type de boulot... Et le tout, dans un noir et blanc extrêmement beau, mais aussi assez austère, donne un film prenant qui ne vous lâche jamais pendant 92 minutes.

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Published by François Massarelli - dans Western Delmer Daves